Dangereusement Heureux – Pénétration manuelle avec protection de latex et consentement oral

EXTRAIT
Dangereusement Heureux

Auteur : Varian Krylov
Éditions : Auto-édition

Je ne lui dis pas non, même si rien que l’idée me paraissait franchement horrible. Clinique, anatomique, invasive et un peu sadique. Je ne sais pas ce que j’avais imaginé que nous pourrions faire au lit ensemble, excepté peut-être se masturber mutuellement et, éventuellement – j’avais fantasmé dessus et étais presque certain que j’aurais aimé – le baiser, mais être pénétré de cette manière ne m’avait même pas effleuré et, tout à coup, mon corps devint rigide, prêt à se défendre avant même qu’il n’ait touché un seul muscle.

Il se rallongea très lentement, mais pas complètement sur moi, juste pour murmurer à mon oreille.

— Me fais-tu confiance ?

Je croassai un faible « oui », comme si un serpent s’était enroulé autour de ma gorge et serrait ses anneaux, essayant de m’étouffer progressivement.

— Ce n’est pas une question pour ton cerveau, Aidan. C’est une question pour ton cœur. Tu y as pensé et tu as dit « oui ». Mais que ressens-tu ? Peux-tu me faire confiance ?

J’essayai d’oublier l’image d’une main gantée de latex qui sondait ma cavité anale pour revenir à nous, à cette chambre chaleureuse, à ce que j’avais ressenti lorsqu’il m’embrassait, me touchait et me regardait.

— Oui.

— Alors, je vais faire très attention à ne pas gâcher cette confiance.

— D’accord, dis-je.

Extrait soumis par : Kate Lyna.

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BDSM : Un monde de règles

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BDSM = Règles

Ceci est un article de Jason Crow.

BDSM ? Parlons-en… en 50 nuances.

En tant qu’auteur et parce que je pratique le BDSM, je dois admettre que je n’aime pas 50 Nuances de Grey. Je me souviens avoir lu des passages qui me faisaient froid dans le dos, parce que Christian Grey, aussi bellâtre soit-il, passe pour un pervers narcissique et Anastasia pour une Mary-Sue en puissance. La combinaison de ces deux personnages donne naissance à quelque chose de malsain, de tordu, quelque chose qui n’a rien à voir avec le vrai BDSM. On pourrait arguer qu’Anastasia finit par dire oui ou qu’elle dit oui puis change d’avis… Peu importe. Du moment qu’il y a une notion de refus catégorique, du moment qu’une personne vous dit « non » ou « stop », vous devez arrêter. Même si votre partenaire vous demande de le traiter d’esclave ou de chien pendant l’amour, tout est avant tout affaire de consentement et de respect. Et malheureusement, c’est une nuance qu’on ne retrouve plus réellement dans nombre d’ouvrages. Les soumis sont représentés comme naïfs et méritant d’être violés et les maîtres abusent de leur pouvoir. C’est dommage, car quand les choses sont bien faites, le BDSM est avant tout un jeu des plus plaisants, si on aime   pimenter sa vie sexuelle.

Vos personnages ont-ils envie de tenter le BDSM ?

En tant qu’auteur, je dirais qu’il est important de savoir respecter ses personnages. Je m’explique : vos personnages, vous leur avez donné une part de votre coeur. Vous avez mis vos tripes et votre sang dans leur création, tant et si bien qu’ils ont fini par devenir plus humains, plus réalistes, pour le meilleur et pour le pire. Mais si vous commencez à leur imposer quelque chose qu’ils ne veulent pas, vous souffrirez à coup sûr d’un bloquage aussi étourdissant que déplaisant. Votre texte vous paraîtra faux, sans saveur. Parce que votre muse vous aura quitté, vous cesserez d’aimer vos écrits. Un personnage de fiction, c’est avant tout un doux trésor, et une personne. Peu importe qu’il soit fictif. Vous lui avez donné une vie. Peut-être pas une vie réelle, mais une vie, oui. Et vous devez lui montrer que vous le respectez. Respecter son personnage, c’est aussi se respecter soi-même d’ailleurs : vous ne voudriez pas être forcé de faire quelque chose qui ne vous plaît pas. Et c’est votre droit. Donc, avant de vous lancer dans la rédaction d’un manuscrit traitant du BDSM, demandez-vous si ces pratiques sont faites pour vos personnages.

Un monde de règles.

Le BDSM, c’est avant tout un monde de règles. Le maître et le soumis ont un rapport étonnant, un rapport de respect, de tolérance, de repousse des limites. Le maître enseigne, le maître apprend, le maître joue, le maître comprend. Le soumis reçoit, le soumis enseigne et apprend, le soumis respecte. Je synthétise mais c’est un peu l’idée. Le maître et le soumis établissent une relation qui va au-delà de ce qu’on peut imaginer parce qu’ils fixent leurs propres limites. Combien de coups de cravache ? Roulette à picots, plug électro ? Jouets ou non ? D’ailleurs, il n’y a pas de ‘mode d’emploi’ en fait. Il y a ceux qui aiment le BDSM hardcore et ceux qui préfèrent le soft BDSM. Tout dépend. Personnellement, j’aime être un maître hard. Mon fiancé est un maître soft et traite son soumis avec une infinie douceur. Mon premier soumis était adepte des pratiques les plus extrêmes. D’autres vous diront ‘stop’ au bout d’un coup de fouet. En admettant qu’ils passent par la case coup de fouet. La première règle ? Respecter l’autre. Etablir les règles dès le départ, avant la première séance. Pas question de s’engager dans quelque chose qui pourrait vous blesser, vous ou votre partenaire.

Mais comment savoir si mon personnage a envie de tenter le BDSM ?

Laissez-le s’exprimer. Oui, c’est complètement schizophrénique comme notion, mais votre personnage vous dira lui-même ce qu’il veut. Je pense aux personnages de Marlene Jones, une amie auteur. Ils aiment le BDSM et elle aime ses personnages. Alors elle leur donne ce qu’ils veulent et ils adorent ça. Parce qu’ils se sentent libres. Parce que tout ce qu’ils ont pu traverser avant a un sens. Parce qu’ils savent qu’ils sont respectés, aimés.

Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.

On l’a tous entendu ce vieil adage et c’est vrai : ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. Si certaines pratiques vous semblent trop extrêmes, trop violentes, ne les pratiquez pas. Personne n’a le droit de vous y forcer de toute façon. Qu’il s’agisse de vos personnages ou de la façon dont vous vous comportez dans la vie réelle, il est important que vous sachiez vous respecter autant que vous respectez l’autre. Par exemple : ce qui fait de 50 Nuances un texte aussi faux qu’aberrant de sottise, c’est le fait que les personnages sont creux, sans passion, sans charme. Mais un personnage qui aime ce qu’il fait, un personnage qui vit, qui a des défauts, des qualités, un personnage qui apprend et comprend, c’est magnifique.  Cela dit, nos personnages ne savent pas toujours ce qui est bon pour eux. La sodomie sans préparation, c’est dangereux ? Oui. Le sexe sans capote, c’est dangereux ? Oui. Le BDSM sans règles et sans limites, c’est dangereux ?

Vous n’imaginez même pas.

Prenons un exemple tout bête : les crochets. Vous suspendez votre soumis et lui accrochez, à sa demande, des poids aux tétons. Le soumis aime et au début tout se passe bien, jusqu’à ce que le soumis en demande plus, toujours plus. Vous commencez à vous inquiéter. Le soumis vous assure que tout ira bien.

Et un séjour gratuit à l’hôpital, un !

Le BDSM, c’est plus exotique.

Oui, c’est vrai, le BDSM (dans les livres comme dans la vraie vie) c’est plus exotique que le vanilla sex. Mais ce n’est pas pour autant que vous devez vous lancer tête baissée dans quelque chose que vous ne connaissez pas. Avant d’écrire sur le BDSM, renseignez-vous, informez-vous. Et vous vous rendrez compte que le vanilla sex, bien fait, a du bon aussi. L’important dans le sexe, c’est de savoir ce qui nous fait du bien. On s’en fiche que ça soit vanilla ou rough. Ce qui est important, c’est de prendre son pied et de rendre l’autre heureux.

Conclusion :

Faites vos recherches. Tentez. Ecrivez. Mais avec prudence.

Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Les règles ne sont pas un tabou

Ceci est un article de Jason Crow.

Il y a encore quelques dizaines d’années, les règles étaient un tabou.

Et encore maintenant, il est assez difficile d’en parler sans s’attirer des regards écoeurés de la part de votre interlocuteur. Bien sûr, ce n’est pas exactement un sujet qu’on a envie d’aborder entre l’entrée et le dessert, les règles ça n’a rien de glamour ni de plaisant, mais le fait est qu’il n’y a rien de plus naturel. Le corps humain fait son travail, point. Le problème, c’est que quand on est un homme transsexuel, c’est aussi un rappel à l’ordre constant. Tu es une femme !, te crie ton corps. Et l’homme trans de se dire « flûte ». Bon, dans le cas où l’homme trans en question prend de la testostérone, tout va bien, pas de problème. Normalement, les règles disparaissent toutes seules. La pilule en continu, pour ceux qui ne peuvent pas prendre de T, peut aider aussi. Mais le fait est qu’il y a des trans qui n’ont accès à rien de tout ça et qui se retrouvent complètement déprimés et à la limite du suicide quand Miss Scarlet débarque.

Difficile de s’identifier aux personnages de fiction…

Dans les livres, on parle peu de règles, de fluides corporels en général. Enfin si, on parle de semence, de sueur… Mais les règles ? Jamais. Et ça, c’est un peu dommage quand on sait que nombre de jeunes trans et gays se découvrent via les livres. Après, bien sûr, il n’est pas question d’entrer dans les détails. Les règles, ça peut être franchement crade. Mais, rien que de les mentionner, de dire « Sherlock se sentait nauséeux. Sale. Mal. Il avait l’impression que son corps le trahissait » ou quelque chose du genre (Sherlock, c’est le petit personnage sur l’illustration de cet article, un transsexuel qui ne peut pas prendre d’hormones), bah… ça renvoie au fait que oui, les règles, c’est naturel, même si c’est pénible. Dans le cas de Sherlock, il a ses règles, il met des tampons et ça lui arrive même de prendre trois douches par jour parce qu’il se sent franchement sale. Après, Sherlock n’est pas nécessairement un modèle, mais il est basé sur une expérience de vie réelle et sa réaction est celle de son auteur. Cela dit, il faut aussi bien noter que les règles, c’est quelque chose de naturel, que ça ne dure pas éternellement et qu’il faut faire avec, même si c’est dur.

Le saviez-vous ?

Disney, qui paraît pourtant un peu guindé, a, en 1946, réalisé un petit cartoon sur les règles qui expliquait non seulement très bien comment fonctionne le corps humain mais aussi comment gérer ses règles. Certes, certains sujets mériteraient une mise à jour mais ça aide à se rappeler qu’il n’y a rien d’anormal dans tout ça et qu’en fait, en parler, ne serait-ce qu’à un médecin, ça peut aider.

Comment survivre aux règles quand on est trans ?

Pour savoir comment votre personnage réagirait face à ses propres règles, ne cherchez pas à vous mettre dans sa tête. Laissez-le s’exprimer. Cela peut sembler un peu schizophrénique mais c’est nécessaire. Lisez des témoignages de trans, renseignez-vous, posez des questions. Votre personnage fera le reste et décidera lui-même de ce qu’il veut faire ou dire.

Pourquoi en parler ?

Encore une fois, nombre de jeunes s’identifient à leurs personnages préférés et apprennent à mieux vivre leur sexualité par le biais de la fiction. Avoir ses règles quand on s’identifie comme un homme, c’est très dur à vivre. Alors savoir que son héros préféré a le même problème, ça fait du bien. De plus, il est temps de casser les vieux tabous. Avoir ses règles n’est pas un crime.

Conseils aux jeunes trans :

Prenez une pilule adaptée à votre métabolisme. Parlez avec votre docteur, n’hésitez pas à poser des questions, à vous renseigner. Il n’y a aucune honte à avoir des questions. Et si vous avez peur des odeurs, des fuites, d’un ‘paquet’, mettez des tampons (en choisissant quelque chose d’adapté à votre flux menstruel). Demandez l’aide de votre maman ou de votre soeur si vous n’y arrivez pas tout seul. Encore une fois, ça n’est pas une honte. Ensuite, rappelez-vous que vos règles ne durent que quelques jours et ne sont là qu’une fois par mois. Si vous vous sentez vraiment mal au niveau moral, parlez. A un ami, sur un blog, à un parent… Parlez.

 

Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Trigger Warning ? Velvet Blackstar

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L’importance de respecter son lectorat

Ceci est un article de Jason Crow.

Velvet Blackstar et le Trigger Warning

Dans mon dernier livre, Velvet Blackstar, j’ai inclus un trigger warning. Alors, un trigger warning, c’est qui c’est quoi ? Un trigger warning, c’est un avertissement, généralement trouvable en début d’ouvrage ou sur la page de présentation du manuscrit, indiquant que certaines scènes peuvent choquer le lecteur. Dans mon cas, je n’avais jamais utilisé de trigger warning avant, pas même pour Sold, qui contient pourtant des mentions de viol et de violences en tous genres. Pourtant, quand j’ai écrit Velvet Blackstar, j’ai voulu mettre un trigger warning sur la page de description et à l’intérieur du roman. Pourquoi ? Parce que la première scène est un viol et est présenté comme tel, dans toute sa violence et toute sa cruauté et que plusieurs séquences du roman peuvent choquer les âmes sensibles. Pour autant, j’aime mon livre. Et je sais que j’ai présenté les choses de manière explicite : on sait que ce qui se passe est mal, que ça ne devrait pas arriver. Ce n’est pas montré comme quelque chose de beau, encore moins de glorieux.  Mais ça peut choquer. Alors un trigger warning s’est imposé et au final, je ne le regrette pas : les lecteurs se précipitent sur le livre en connaissance de cause et ceux qui pensent ne pas pouvoir encaisser ce que Velvet Blackstar a de noir et de violent ne le lisent pas. Tout le monde est content, le trigger warning ne coûte pas cher (rien du tout en fait) et ça prend deux minutes à écrire.

Il y a peu, je suis tombé sur un livre qui fait le bad buzz justement parce qu’il n’a pas de trigger warning.

Par respect pour l’auteur et parce qu’on n’est pas là pour cracher sur les copains, je ne dévoilerai pas le nom de l’ouvrage. Je peux cependant dire ceci : avant de lire les premières pages, j’ai été voir les commentaires. C’est la première fois que je vois un tel déferlement de colère à l’encontre d’un roman. Et je comprend : j’ai lu les premières pages, ça m’a choqué, j’ai refermé les livre et je suis parti. Je n’ai pas laissé de commentaire, j’ai juste dit ce que j’avais à dire sur Facebook et c’est tout. Cela dit, je tiens à dire que la personne écrit bien. Elle a un bon style. Seulement, ce qu’elle écrit est malsain, cruel, violent. Et je suppose que c’était son intention première, puisqu’elle parle de réalité sale sur Facebook. Mais est-ce qu’un trigger warning n’aurait pas été de mise ? Ce livre met notamment en scène une petite fille de sept ans en train d’attendre lascivement que son père couche avec elle. J’ai lu cette scène. Elle m’a laissé horrifié, malade et triste. Là encore, je tiens à le dire, l’auteur a dit clairement qu’elle voulait écrire quelque chose qui dérange. Mais… Outre le fait que la fiction peut avoir un impact sur la réalité, est-ce qu’un petit trigger warning n’aurait pas au moins mis en garde les lecteurs ? Un mot de l’auteur disant « je sais que c’est choquant, cet ouvrage contient ceci, cela et traite de sujets graves », ça ne coûte rien. Et encore une fois, ça ne fait de mal à personne, ça évite même bien des soucis.

Cela dit dans le cas mentionné, il y a aussi la façon dont ont été traités les sujets en question… Mais passons.

Trigger warning = faire fuir les lecteurs ?

Non. Et honnêtement, je pense même que les lecteurs apprécient qu’on prenne soin d’eux. C’est logique. Après tout, tout le monde n’a pas envie de lire certains sujets et surtout, quand on lit, on le fait pour réfléchir, pour se détendre… Mais pas pour se sentir mal après. Enfin, je ne pense pas ? Partant de ce principe, qui aurait envie de se faire mal volontairement en lisant un ouvrage qui ne lui correspond pas et qui est susceptible de raviver des douleurs anciennes ou récentes ? Car il y a aussi le problème du traumatisme réel : certains lecteurs ont vécu ces choses dont vous parlez dans votre ouvrage, et ils n’ont peut-être pas envie d’en entendre parler à nouveau ? Écrire un trigger warning, ça n’est pas seulement une sécurité pour vous en tant qu’auteur, c’est aussi une façon de dire « eh, Lecteur, je t’aime bien, mais c’est justement parce que je t’aime que je te protège ».

En d’autres termes.

Je ne pense pas qu’un trigger warning mette en cause la qualité de vos écrits. Si votre livre est bon, il se vendra. Point. Le trigger warning ne jouera en rien sur le nombre de ventes et ne fera pas de vous un monstre. Bien au contraire : les lecteurs avertis sauront si ils doivent ou non lire votre ouvrage et ceux qui choisiront de le faire sauront à quoi s’attendre. Encore une fois, ça prend deux minutes, ça ne coûte rien et ça rend tout le monde heureux. Alors… Pourquoi pas ?


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Age of consent =/= consent

 

Avertissement : une longue histoire

cachez ce préservatif que je ne saurais voir

Ouvrons un livre au hasard et tombons au moment précis où les deux héros, quel que soit leur sexe, s’apprêtent à passer un peu sérieusement à l’action.
Je ne vais pas vous détailler, vous êtes tous grands et adultes, vous savez comment les choses se passent.
Partons du principe que le consentement était éclairé, que le type n’est pas un psychopathe qui a torturé mentalement et physiquement sa victime, que tout va bien dans le meilleur des mondes.
Il y a souvent un truc qui fait masse, comme disent les électriciens ou le regretté Alain Bashung.
Le port du préservatif.
Reprenons notre livre au hasard, et appelons-le « 50 nuances de marquage au fer rouge à Panama sur la croix de feu », (je ne parle pas des croix de feu de sinistre mémoire, nous rappelant les zheureslesplussombresdenotrehistoire). Que voyons-nous, astucieux lecteur ?
Comme tu es un astucieux lecteur, tu m’objecteras intelligemment : « ben justement, Marlène, là est le souci : on ne voit rien. Du moins, rien sur le pénis du gars, et ceci que son partenaire soit un homme, une femme ou un transgenre. Rien du tout. Le gars a négligé la capote et sa/son partenaire a tout autant négligé de lui dire : « pas de capote, tu remballes, gars ! »

le problème des conduites à risques dans les livres

En tant qu’auteure, il m’arrive plus souvent qu’à mon tour d’oublier de coiffer la virilité de mes personnages d’une capote. Pourtant, c’est un des points auxquels je tiens beaucoup et j’ai bien peur que dans mes textes futurs, cela m’arrive, à nouveau. Je vais donc, tel un Perceval à l’assaut du Graal, me lancer sur la piste de « comment résoudre le problème des conduites à risque dans les livres ? »

les trigger warnings : une solution

Nous arrivons donc, par ce biais, à l’épineuse question des trigger warnings.

Si je peux me permettre de parler de mon expérience personnelle, je ne m’attendais absolument pas, quand mon premier livre est sorti, d’avoir des témoignages de lecteurs, me disant qu’il avait remué en eux des traumatismes d’adolescence. C’est certes, flatteur, mais perturbant. Aurais-je dû mettre un « trigger warning » en première page ? Probablement. Je suis absolument incapable de juger un livre portant sur l’alcoolisme féminin. J’ai mis des mois à me remettre de « il faut qu’on parle de Kévin » car mon fils avait le même âge. L’avantage des triggers warning est qu’au moins, le lecteur sait où il met les pieds et le lit en conscience. L‘inconvénient est que ça nuit à l’effet de surprise qui est tout de même l’intérêt premier d’un récit bien mené.

Si donc, amis auteurs, vous oubliez de faire enfiler une capote à vos héros, les triggers warning offrent trois solutions :

  • Spécifier au début du livre que vos héros vivent dans un monde idéal où les MST n’existent pas et que donc, ils peuvent folâtrer avec qui bon leur semble, voire à plusieurs, sans aucun risque de mourir dans d’atroces souffrances.
  • Spécifier au début du livre que TOUTES les actions, de nature sexuelle, même celles où ce n’est pas précisé, se font avec une capote.
  • Mettre en scène un couple ensemble de longue date, monogame, qui ne va pas voir ailleurs et donc, n’a pas besoin de capotes.

Note admin : nous allons proposer des extraits ou des exemples de ces avertissements ou trigger warnings pour illustrer cet article.

 


Marlene Jones

Marlene Jones est une auteure de romans M/M publiée aux éditions Textes Gais, L’Ivre Book, Evidence et Belphégor.


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