Le rôle d’un livre est-il d’éduquer ?

Nous publions cet article en réponse à des remarques que nous entendons assez régulièrement par rapport à notre travail sur ce blog et qui reviendront surement encore, mais qui sont intéressantes dans ce que ça pointe, parce que ça ne touche finalement pas au contenu de nos articles mais plutôt à notre démarche-même. Ce n’est pas ce que nous signalons de problématique dans les livres qui suscite spécialement des désaccords ; c’est le fait de penser qu’il puisse y avoir une incidence dans la réalité.

Les remarques sont alors les suivantes :

  • ce n’est pas parce que je lis quelque chose dans un livre que je vais faire pareil dans la réalité,
  • les lecteurs n’ont pas besoin qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire, ils sont assez grands pour le savoir tous seuls,
  • un roman est là pour distraire et non pas éduquer,
  • l’éducation c’est le rôle des parents et non pas des livres.

Ce sujet a déjà été traité partiellement dans la série d’articles « De toute façon les gens savent bien faire la différence entre un livre et la vraie vie », mais nous allons tout de même nous attarder ici sur cette question d’éducation, précisément, qui a suscité beaucoup de débats dernièrement, et motivé non seulement nos membres mais aussi des intervenants extérieurs à s’exprimer dessus. Cet article est donc le fruit d’un travail collectif.

On y va ?

C’est parti !

Du rôle éducatif d’un livre

Il est important de rappeler, en préambule, qu’un livre n’a de rôle que celui que lui donne son auteur. C’est à dire que, si son auteur veut faire de son livre un simple outil de distraction, son rôle est celui-ci. S’il veut éveiller les consciences/proposer une réflexion, son rôle pourra être éducatif, en effet, mais là est vraiment une question de volonté de l’auteur.

Par contre,

Ce n’est pas parce qu’un auteur n’a pas donné de rôle éducatif à son roman qu’il ne va pas pouvoir avoir une influence sur ses lecteurs.

On va prendre un exemple qui devrait parler à tout le monde : Harry Potter. On est bien d’accord : J.K. Rowling a proposé une saga d’aventures, fantastique, et non pas un guide de bonne morale à ses lecteurs. Harry Potter n’est pas un guide de savoir vivre. Pourtant, les lecteurs sont nombreux à exprimer le fait qu’ils en retenu des leçons de vie. Rien que sur internet, on peut trouver énormément d’articles de fans à ce sujet : 33 leçons de vie que nous a appris la saga Harry Potter, 20 précieuses leçons de vie apprises grâce à Harry Potter, 30 leçons de vie apprises grâce à la saga Harry Potter, 15 leçons de vie que j’ai apprises grâce à Harry Potter... Et d’ailleurs, n’est-ce pas ce dont rêve tout auteur ? De pouvoir toucher ses lecteurs avec des discours positifs, en les aidant à croire en eux ou à s’émanciper, à être bien dans leur peau, voire à changer leur vie ?

Or, si on accepte l’idée que nos romans peuvent impacter positivement nos lecteurs, il faut aussi accepter celle qu’ils peuvent les impacter négativement. L’impact ne se fait pas que dans un sens. Mais restons sur cette question de l’éducation, d’abord.

Dans l’idée « l’éducation, ça vient de nos parents, je n’ai plus besoin que l’on m’éduque », on en a deux, en fait :

  • D’une part que l’éducation de nos parents est à la fois exhaustive et suffisante,
  • D’autre part, que l’on n’évoluera plus et que l’on n’a pas besoin de continuer à évoluer en tant qu’adulte.

Voyons ces points :

De l’idée que l’éducation ne serait que l’affaire des parents

On va commencer par une question liée à un exemple d’actualité : celui de l’émission Touche pas à mon poste et de ses multiples condamnations par le CSA.

Est-ce que l’on peut vraiment considérer qu’un présentateur télé d’une émission réunissant plus d’un million de téléspectateurs tous les soirs peut : outer des personnes homosexuelles sans leur consentement, insulter et violenter des minorités, agresser sexuellement ses camarades de plateau… et dire après « oh ben si ce garçon de 22 ans, qui regarde la télé tout seul depuis qu’il est émancipé, a eu des propos homophobes/insulté des minorités/agressé sexuellement sa camarade de fac… c’est uniquement la faute des parents parce qu’ils l’ont mal éduqué » ?

Alors attention : il ne s’agit ici absolument pas de dire qu’un seul évènement va faire d’un enfant un violeur, et bien évidemment que ni une seule émission de télévision ni un seul roman ne va en avoir le pouvoir. Mais force est de constater que, même avec toute la meilleure volonté du monde, les messages délivrés par les parents ne seront jamais les seuls qui atteindront les enfants. Tout parent a déjà vu son enfant revenir de l’école avec des propos allant totalement à l’encontre des valeurs qu’il a veillé à lui transmettre, parce que les parents ne sont pas seuls : la société éduque elle aussi, et c’est pour ça qu’on parle de « culture ». Un parent aura beau dire à son enfant que les personnes handicapées doivent être traitées avec respect, cet enfant va entendre « C’est bon, je suis pas triso ! », le répéter et l’intégrer. Il va voir des graffitis avec marqué « sale pédé » sur un mur dans la rue, il va enregistrer que c’est sale d’être gay et qu’il peut insulter les gays parce que d’autres le font bien. Il va voir ses camarades jeter ses déchets dans la rue parce que ça fait rebelle et cool, et il va le faire lui-même aussi. Quel gamin n’a pas dit à ses parents : « Mais les autres le font, pourquoi moi je ne peux pas ? » avec la conviction que ce qui n’est pas normal, c’est que lui subisse l’interdiction ? Qui a échappé à la honte de son corps à l’adolescence ? Qui a échappé à l’idée préconçue que deux filles qui s’embrassent c’est dégoûtant ? Certaines personnes, surement. D’autres non, mais n’accusez pas leurs parents pour ça. Ne leur rejetez pas la faute dessus, parce que les enfants auront aussi été exposé aux clichés, à la pub, à la télé, aux camarades de classe, aux adultes fermés d’esprit, et bon nombre d’adolescents vont faire du bodyshaming, tenir des propos homophobes et être mal dans leur peau. Un enfant, si bien éduqué fut-il, peut-il échapper à toutes les injonctions quotidiennes, répétitives, que lui renvoie la société ?

Bien sûr que l’éducation va alors avoir du poids pour modérer toutes ces représentations, mais elle ne sera jamais seule à influer sur la construction de l’enfant. On vit dans une société oppressante à l’égard des minorités, une société qui entretient la culture du viol, une société qui n’offre que très peu de représentations positives des « minorités visibles », comme on le dit : handicap, couleur de peau… Le projet We Need More Diverse Books dont nous nous sommes inspirés pour créer celui-ci, l’a d’ailleurs bien remarqué également : où sont les livres/films/séries ayant un petit enfant à la peau noire en tant que héros ? Anita Sarkeesian, de Feminist Frequency, l’a aussi bien compris : comment expliquer le sexisme si marqué du milieu des gamers, sinon en s’interrogeant sur l’image véhiculée de la femme dans les jeux vidéos ?

Forcément on se construit avec ce qu’on « consomme » (livres, films, émission de télé…) et on va intégrer les représentations qui sont les plus rabâchées. Oh, peut-être pas les pires (ça dépend de chacun), mais certaines oui, et bien sûr que nos lectures influencent notre vision. C’est peut-être inconscient, mais ça s’apprend, à force. Ça s’intègre. Ça s’ancre dans le subconscient. Le slutshaming, on voit ça dans les livres. Le viol dont l’héroïne ne se rend même pas compte parce que c’est son petit ami et que forcer la main c’est sexy, on le voit aussi dans les livres. Est-ce que, si elle est confrontée à ça un jour, une adolescente ou une jeune adulte se rendra bien compte de la gravité de ce qui lui est arrivé ? Si une de ses copines se fait agresser par un proche, va-t-elle regarder ses vêtements et considérer le nombre d’amants qu’elle a pu avoir auparavant avant de juger sa responsabilité dans ce qu’elle a subi ? Beaucoup le font, non pas spécialement à cause des parents mais à cause de ce qu’ils ont vu ou lu ou entendu. À cause d’influences extérieures. C’est trop facile de dire que ce n’est que la faute des parents. C’est la faute à un ensemble complexe de situations, d’environnements, de cultures, qu’on appelle une société. Et dans cette société, il y a les livres.

 

De l’idée que l’on n’évolue plus une fois parvenus à l’âge adulte

Que s’est-il produit, tel que le montre cette vidéo, entre 1979 et 2017 pour qu’on passe de « l’homosexualité est une maladie » à des réactions choquées au simple fait que l’on puisse encore demander « que pensez-vous des homosexuels ? » ? L’éducation parentale, vraiment ? Pourtant, s’il ne s’agissait que de ça, les enfants répèteraient indéfiniment ce qu’ils ont entendu pendant qu’ils étaient enfants et personne n’évoluerait jamais : l’enfant de 2017 dirait la même chose que l’enfant de 1979, et donc pareil pour l’adulte de 1979 et l’adulte de 2017 puisqu’on est censés ne plus être « éduqués » ensuite à l’âge adulte…

Ça ne tient pas debout, hein ?

Toute notre vie, on apprend. Toute notre vie, on découvre, on s’interroge, on se documente, on remet en question ce qu’on avait cru auparavant, on pose notre attention sur ce à quoi on n’avait pas prêté attention jusque-là parce que ça nous paraissait normal, parce qu’on avait toujours vécu avec ça, on discute, on échange, on réfléchit… Et on évolue, bien sûr. La société elle-même évolue. Rien n’est figé et il d’ailleurs heureux de constater qu’on a toute notre vie pour continuer, toujours, à évoluer.

Par ailleurs, tout le monde n’a pas accès aux mêmes sources d’informations, tout le monde n’a pas la même capacité à les synthétiser et se les approprier. Et tout le monde ne s’intéresse même pas aux mêmes sujets. Cet article pourra certainement intéresser des auteurs et lecteurs sensibilisés de base au sujet, mais si quelqu’un l’aborde avec un à priori négatif, son attention ne se focalisera probablement que sur ce qui nourrira cet à priori négatif. On est aussi ainsi : on a tous des lectures différentes d’un même média, et on a naturellement tendance à offrir une disponibilité intellectuelle plus forte aux sujets qui nous ont déjà séduits, et à mettre beaucoup plus de barrières aux autres. C’est aussi pour ça que, parfois, il faut du temps : qu’on va mettre un certain nombre d’années à évoluer.

Et même si soi-même on est très peu sensible à l’influence des médias ou de la société (ce qui est peu probable : on est tous conditionnés par notre culture), il reste qu’on est tous différents, avec des bagages différents, des sensibilités différentes, des intérêts différents, des tendances à être plus ou moins influençables, plus ou moins habitués à développer nos propre opinion… et heureusement : sinon, on n’aurait pas une société aussi riche et variée. Mais ce qui, nous, ne nous influence pas, pourra surement influencer quelqu’un d’autre, surtout quand c’est insidieux et que c’est véhiculé à longueur de médias.

 

De la portée formatrice de la romance et de l’érotisme

S’il y a un sujet sur lequel on va avoir tendance à se renseigner, échanger et faire son « éducation » justement hors de la cellule familiale, c’est bien celui-ci. Quelle que soit la bonne volonté des parents. On va en parler avec les ami.e.s, au collège, au lycée, à la fac… Voire vivre ces découvertes de manière totalement solitaire, à l’image de tous ces adolescents qui construisent leur représentations de la sexualité autour du visionnage de vidéos pornographiques ou de la lecture d’histoires érotiques. Les parents peuvent intervenir pour donner des conseils et/ou des avertissements mais ils ne sont clairement pas la première source d’éducation sur ces deux sujets. Les premières sont l’entourage amical et les médias, l’une influençant l’autre.

Pour rester dans les exemples et en donner un flagrant de l’impact des livres sur la sexualité de leurs lecteurs, on ne peut pas passer à côté de celui de la saga 50 nuances. Il y a eu des chiffres relevés : suite à la parution de ces livres, la vente des sex-toys a monté en flèche. Les boules de geishas, accessoires n’ayant pas spécialement de vertus érotiques, se sont pourtant mis à se vendre en sex-shops. Plus gênant : les Infections Sexuellement Transmissibles ont augmenté dans les couples de plus de 50 ans, soit chez des adultes qui, ne l’oublions pas, sont censés être éduqués. Et si les IST augmentent chez les adultes qui, vu leur âge, ont connu le début du SIDA, quelles sont les conséquences sur des gamins en pleine découverte ?

Pour beaucoup de jeunes filles, leur première initiation au sexe, ce sont les scènes de sexe qu’elles vont lire sur internet. Dans des fanfictions, des fictions publiées sur Wattpad… Fictions (sans safe-sex et aux notions de consentement parfois inquiétantes) reproduisant parfaitement les schémas (sans safe-sex et aux notions de consentement parfois inquiétantes) existant dans les romans…

Ce qu’il faut remarquer, c’est que ce qui se propage actuellement, ce n’est pas une image sécuritaire. Quand parle-t-on de safe-sex, finalement ? Aux cours d’éducation sexuelle au collège ? La plupart du temps, les enfants ont eu un cours où on leur a parlé préservatif ; derrière, ils ont des centaines voire milliers de représentations de la sexualité « normale » vierge de tout usage de préservatif.

Depuis Jane Austen jusqu’à aujourd’hui, la romance reflète la société dans laquelle nous vivons, avec ses différentes évolutions. Aujourd’hui, les romances sont beaucoup plus sexualisées. Aujourd’hui, les filles rêvent de milliardaires qui les sauveront de leur existence monotone, exactement comme les téléréalités peuvent donner espoir à des personnes issues de milieux défavorisés de changer de vie. Aujourd’hui, c’est aussi l’homme qui détient le pouvoir du plaisir sexuel de la femme : l’orgasme est vaginal, délivré par l’homme, et s’il y a stimulation clitoridienne, c’est l’homme qui en est à l’œuvre. Aujourd’hui, le préservatif est vu comme un élément gênant qu’il n’est pas naturel de sortir.

Bien sûr, les auteurs font les choix qu’ils souhaitent dans l’écriture de leurs romans, tout comme les lectrices dans leurs lectures. Pourtant, on a besoin d’auteurs qui montrent aux jeunes filles qu’elles peuvent prendre leur vie en main et aller au devant des hommes, en étant leurs égales. On a besoin d’auteurs qui montrent que la capote, c’est naturel, normal et automatique. On a besoin d’auteurs qui fassent de leurs héroïnes de vraies héroïnes, pas des petites choses pauvres qui ont besoin qu’on leur offre le monde. Les adolescentes en particulier sont de grandes lectrices de romance : c’est un public très touché par ces livres.

Ce n’est pas un roman qui changera la face du monde, ce n’est même pas tous les romans, parce que ça serait alors nier l’influence de tous les autres médias : et la presse, et la télévision, et la radio, et l’entourage familial/amical aussi bien sûr, mais justement, cet entourage-là évolue lui aussi au contact de tous ces médias. Et ce n’est pas non plus ce blog. Ce blog n’est pas là pour vous dire ce que vous, auteur, vous devez faire, ou ce que vous, lecteur, vous devez lire, mais ce blog participe, au milieu de tous ces médias, à cette réflexion-là :

Et si on faisait autrement ?

Et si on continuait à écrire des romances magiques, chaudes, excitantes, qui mettent du baume au cœur et font du bien au moral… mais avec une femme qui sauverait, elle, la situation, des personnages qui se protègent et qui ont des rapports consentis, des personnages à la peau de couleur et qui ne seraient pas pour autant réduits à des caricatures ou des faire-valoir de héros blancs et hétérosexuels… Ça aussi, ça serait magique. Et on pourrait en faire plus. Que ça ne soit plus l’exception et qu’il ne soit plus nécessaire d’argumenter pourquoi en voir plus serait bien. Parce que le simple fait qu’il faille argumenter à ce sujet le montre : ceci n’est pas la norme. On en est même très loin.

Et si on s’octroyait tout simplement le droit d’y réfléchir ?

 

Conclusion
(avec réponse à la question : Alors, un roman, c’est fait pour éduquer ?)

Non. Mais « éduquer » n’est justement pas le terme adapté. La réponse à un sujet traitant des représentations véhiculées dans un livre ou un type de livre ne peut pas être « les romans ne sont pas là pour nous éduquer », parce qu’il ne s’agit pas ici d’éducation. Il s’agit du fait que, même sans volonté d’éduquer, nos lectures participent à tout ce qui, dans notre société, nous impacte. Tous les auteurs, toutes les personnes partageant une œuvre ou un support (film, livre, média) doivent avoir conscience que ces derniers ont un impact sur les gens, et cet impact est beaucoup plus insidieux que cette idée du « j’ai vu un thriller donc je vais avoir envie de tuer des gens » : ceci est une caricature qui ne reflète pas l’impact réel qu’a la société dans laquelle nous vivons, et dont les représentations véhiculées par les médias font part intégrante.

A l’arrivée, ce qui est important, c’est que la société évolue. Et qu’on peut faire en sorte qu’elle évolue positivement. Mais justement, si ceux qui ont de l’influence participent à ce changement dans ce qu’ils vont donner à lire et à regarder, là on pourra avoir cette influence formidable à laquelle rêve la plupart des auteurs : celle d’impacter positivement leurs lecteurs, non pas seulement en leur offrant de la distraction ou la possibilité de se sortir un moment la tête de leur quotidien, mais aussi en leur donnant de quoi se construire et évoluer positivement dans leurs vies.


We Need More Safe Sex Books


 

A lire aussi :

« De toute façon les gens savent bien faire la différence entre un livre et la vraie vie » – 1/3

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2 réflexions sur “Le rôle d’un livre est-il d’éduquer ?

  1. Kate Lyna dit :

    «Le viol dont l’héroïne ne se rend même pas compte parce que c’est son petit ami et que forcer la main c’est sexy, on le voit aussi dans les livres. Est-ce que, si elle est confrontée à ça un jour, une adolescente ou une jeune adulte se rendra bien compte de la gravité de ce qui lui est arrivé ?»
    Je confirme que non. Parce que j’en ai été victime. Quand je n’avais pas envie, mon ex me forçait et me faisait même culpabiliser à coup de «mais t’as jamais envie» ou «allez, j’ai trop envie, ça va être rapide, t’as juste à t’allonger et profiter, je fais tout». Et je finissais toujours par me laisser faire parce que je pensais que c’était pas normal que je n’ai pas envie, que c’était moi qui avais un problème.
    Si j’ai fini par me rendre compte que, non, je n’étais pas anormale et que je n’avais pas à me forcer, c’est parce que je suis tombée sur des vidéos Youtube parlant notamment de viol conjugal et de consentement en général (Ginger Force et son pavé dans la mare, ou Pouhiou pour ne citer que les plus marquants). Et c’est là que ça a fait tilt dans ma tête : tous ces mangas que j’ai lus où il y avait clairement un viol mais qui était romancé, tous ces bouquins où la fille se laissait passivement faire parce que, c’est bien connu, l’homme sait parfaitement faire grimper les demoiselles aux rideaux, mais aussi dans les films et séries, toutes ces histoires m’ont laisser entendre qu’il était normal de s’offrir à quelqu’un, même si on en n’a pas envie, juste parce que l’autre dit t’aimer.

    Tout ça pour dire, je suis entièrement d’accord avec l’article. Un roman n’est pas fait pour éduquer. Mais il peut y contribuer quand même.

    Aimé par 1 personne

  2. Juliette dit :

    Hum, on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’un auteur s’inscrivant dans un courant d’écriture sentimental aux accents « réalistes » est responsable du message véhiculé par son histoire et ses personnages.
    J’écarte à dessein le problème du consentement, qui pourrait faire l’objet d’un débat à lui tout seul, pour me concentrer sur la question du préservatif et de la protection dans son ensemble.
    Plus on l’intègre dans nos récits, plus ça devient naturel à lire et normal. On est là dans une « bonne pratique », entrant dans une sexualité responsable.
    Et pour satisfaire les adeptes de la scène hot « peau contre peau », quoi de mieux que de montrer l’évolution de la relation en évoquant en une ligne les tests permettant de s’en passer ? C’est un moment fort, qui a même le pouvoir d’intensifier la sensualité

    Ça permet de divertir tout en contribuant à sa petite échelle à la diffusion d’un message adulte et responsable.

    Alors, je veux bien entendre qu’un auteur est libre de ses écrits et que les lecteurs n’ont pas forcément envie d’être renvoyés à la triste réalité.
    C’est un peu dommage, mais je peux comprendre que certains aient besoin de se réfugier dans un monde idéalisé, sans maladie ni chômage.
    Je suis assez d’accord sur le fait que la liberté d’écriture de l’auteur ne doit pas être systématiquement remise en question par des ayatollahs de la bien-pensance, souhaitant faire passer tous les récits dans le prisme du politiquement correct.

    Pour autant, doit-on forcément infantiliser notre lectorat en lui montrant que des attitudes à risque n’ont aucune incidence, juste parce que ce n’est QUE de la fiction ?
    Peut-on encore afficher une posture « RAB du safe-sex » en 2017, alors que les IST et les grossesses non désirées font des bonds dans les statistiques, et qu’il est possible que notre lectorat soit le premier touché par ces drames ?

    Quand on connaît l’influence que certaines pratiques sexuelles livrées par des romans « de divertissement » ont eu ses dernières années dans la chambre à coucher, il y a de quoi s’étonner face à « l’insensibilité » sur la question d’auteurs populaires et influents.

    Comme l’article l’explique parfaitement, nous subissons l’influence plus ou moins consciente de multiples sources d’informations. Ce sont elles qui vont forger nos comportements.
    Autant participer activement à cette prise de conscience.

    Si on apprend dès le plus jeune âge l’importance des « bonnes pratiques » (et ça vaut pour tout, d’ailleurs ; sexualité, tolérance, respect, protection animale, environnementale, etc.), il y a de grandes chances que celles-ci s’ancrent dans notre mémoire collective et nous soient naturelles. C’est ça, l’évolution.

    On rêve tous d’un monde sans danger.
    En attendant, sortons couverts et lisons « safe-sex » ^^

    Aimé par 2 people

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