Safe Sex ? Oui, mais entre femmes (3/3)

Dans la première partie, je vous ai expliqué de quoi je parlais en parlant de safe sex entre femmes et pourquoi cela était important. Dans la deuxième partie, vous m’avez appelé Cap’tain Obvious, car je vous parlais du safe sex dans ses applications les plus connues.

Cette fois-ci, nous allons parler parler d’applications concrètes, mais avec des options franchement méconnues.

Uriner

Je n’avais pas promis du glamour avec cette série d’articles (néanmoins, je suis sympa parce que je vous épargne certaines images). Néanmoins, c’est une vraie bonne pratique pour les femmes.

Aller uriner après un rapport sexuel, permet d’éviter des infections en nettoyant l’urètre. En effet, après le plaisir, mécaniquement, des microbes remontent dans l’urètre. En somme, si votre corps vous dit avoir envie de faire pipi après avoir pris votre pied, c’est pour votre bien et non par esprit de contrariété !

La non-hygiène dentaire

Votre mère n’approuverait certainement pas, mais ne pas se brosser les dents trente minutes minimum avant ou après un rapport vagino-buccal ou anale-buccal évite les micro-traumatismes de la bouche et la gencive et donc d’ouvrir des brèches dans la bouche pour les différents virus.

En somme, comme pour bien des choses, être une vilaine fille s’avère payant au final.

Nettoyer

Cela vaut pour les mains, les sex-toy, les légumes ou que sais-je. Dès l’instant où ça rentre en contact avec une de vos muqueuses, nettoyez-le. Quand vous passez d’une muqueuse à une autre, nettoyez-le entre les deux muqueuses. Quand vous changez de partenaire, nettoyez-le. Quand vous venez de virez le chat de la chambre, nettoyez-le (l’objet, pas le chat parce que ça, c’est pas une bonne idée, ils aiment pas en général). Quand vous ne savez pas quoi faire, nettoyez-le.

La seule exception à cette règle ? Le vagin. Il est auto-nettoyant et, sauf soucis de santé et donc prescription médicale, il n’y a pas de raison de nettoyer celui-ci.

La version basique est l’eau et du savon (du genre tout bête, sans parfum, …). Pour les sex-toy en silicone (et juste eux), vous pouvez les faire bouillir dans l’eau trois minutes ou carrément les mettre au lave-vaisselle. Il existe aussi des lingettes désinfectantes.

Les gants

Une égratignure sur la main ? Une compagne ayant ses règles ? Une envie de fist-fucking ? C’est la solution parfaite pour prendre malgré tout du plaisir. Ils peuvent être de toutes les couleurs possibles, ils sont doux et poudreux et très peu chers. On parle ici des gants en latex ou en nitrile (la version latex-free), exclusivement.

L’usage et les moments où les changer sont le même qu’un préservatif. Pareil, pour les lubrifiants.

La digue dentaire

Kezako, déjà ? C’est une sorte de rectangle en latex pas du tout sexy qui se met entre la muqueuse et la bouche de sa partenaire. Cela marche aussi bien pour la vulve que pour l’anus, et rend donc les cunnilingus et les anulingus safe quel que soit les genres des partenaires.

Il peut être remplacé par un préservatif coupé en bas et le long de manière à faire un rectangle.

On ne change évidement pas de côté et on lubrifie du côté des muqueuses. Si on se la joue DIY, on pense bien à stériliser les ciseaux. Et heu, non, le film alimentaire, c’est pas l’idée du siècle.

Partie 1 : Le safe sex entre femmes : qu’est-ce donc et pourquoi ?
Partie 2 : Le safe sex entre femmes en application : les options les plus connues.
Partie 3 : Le safe sex entre femmes en application : les options les plus méconnues.


Sources


Camille Miko, autrice et rédactrice en chef du fanzine Pandora


A lire aussi :

Safe Sex ? Oui, mais entre femmes (2/3)

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Safe Sex ? Oui, mais entre femmes (2/3)

Dans la première partie, je vous ai expliqué de quoi je parlais en parlant de safe sex entre femmes et pourquoi cela était important.

Cette fois-ci, nous allons parler parler d’applications concrètes, avec les options les plus connues et des fois, vous aurez le droit de m’appeler Cap’tain Obvious !

Le consentement

Étape n°1 du Cap’tain Obvious. Si les deux partenaires sont consentants, vous avez déjà nettement plus de chance d’avoir du safe sex.

Plus sérieusement, la majorité des IST sont transmissibles par les sécrétions vaginales (la cyprine de la dernière fois) et le sang. Le consentement permet soit d’éviter d’être blessée, soit de poser des limites qui protègent sa partenaire en particulier dans le cas des relations non-consensuelles (BDSM, non-exclusivité, …).

Le lubrifiant

Étape n°2 du Cap’tain Obvious.

Cela parait bête, mais si les femmes lubrifient naturellement, cela ne veut pas dire que c’est assez. Des choses aussi évidentes que le stress, la fatigue, les médicaments dont la pilule contraceptive, l’alcool, la rapidité avec laquelle on passe à l’acte ou encore la ménopause peuvent diminuer drastiquement la lubrification des femmes.

L’intérêt supplémentaire est que l’utilisation de lubrifiant peut devenir un jeu sexuel, de ce que vos camarades du collège appelaient très élégamment « doigter ». Il y a des terminaisons nerveuses à l’intérieur du vagin et si la partenaire s’y prend bien, cela peut devenir très agréable, voire même orgasmique.

Les jeux avec l’anus n’étant pas interdits aux femmes qui, si elles n’ont pas de prostate, ont quand même des terminaisons nerveuses, le lubrifiant est évidemment dans ce cas-là le meilleur ami des partenaires.

Le mieux étant de se servir de lubrifiant à base d’eau, pour ne pas abimer les sex-toy, ni affaiblir les parois des préservatifs (qui perdraient tout leur intérêt). Pour ceux à base de silicone, il faut lire la notice pour savoir s’il est compatible ou non avec les préservatifs et les sex-toys.

Prendre soin de ses ongles

Pour les FSF (Femmes ayant des rapports sexuels avec des Femmes), c’est le Cap’tain Obvious n°3, néanmoins pour la majorité de la population ce n’est pas toujours le cas.

Je vais pas y aller par quarante chemins, mais les ongles longs version Cruella d’Enfer, c’est pas vraiment compatible avec l’insertion de doigts que ce soit dans le vagin ou l’anus. Ce sont des muqueuses délicates, qui peuvent donner du plaisir, mais qui n’aiment pas le ramonage version griffures félines.

L’autre point souvent méconnu, c’est le vernis. Il n’y a rien de plus chimique et de plus mauvais pour les délicates muqueuses sus-nommées. Donc… Évitez. Et n’utilisez pas le dissolvant juste avant d’insérer les doigts où que ce soit dans la partenaire.

Non. Vraiment pas.

Le préservatif externe

Et oui, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de pénis, qu’on n’utilise rien qui en rappelle la forme (les doigts, les sex-toys, les légumes divers et variés, le manche de la brosse à cheveux, …). Le plus simple reste alors de se servir de préservatifs externes (abusivement nommés masculins), surtout qu’avec la variété de ceux-ci (texture, nervurés, …), il y a de quoi s’amuser.

Pour rappel, on ne met pas deux préservatifs l’un sur l’autre, on les prend avec le label « CE » (Certifié Européen), voire même « NF » (Norme Française) et surtout – SURTOUT – on change de préservatif dès que l’on change de partenaire et dès que l’on change d’organe (en particulier, de l’anus au vagin). Idem, on ouvre pas les préservatifs avec les dents, des ciseaux, etc. Et en cas d’allergie au latex, il existe toujours ceux au polyuréthane.

Le préservatif interne

Le préservatif interne (appelé abusivement féminin) a plein d’intérêts en général, mais entre femmes, son principal intérêt est surtout dans le cas de la pénétration anale. Il faut faire un peu d’atelier pratique avant, en retirant délicatement l’anneau rigide, mais cela fait monter la pression.

Néanmoins, si chacune des participantes en met un, cela peut permettre de partager des sex-toy sans avoir à changer constamment de préservatif. Petit plus ? L’anneau extérieur peut être positionné au niveau du clitoris. Qui a dit que le safe sex ne pouvait pas être récréatif ?

Les conseils d’utilisation sont les mêmes que pour le préservatif externe.

La suite au prochain numéro dans trois semaines.

Partie 1 : Le safe sex entre femmes : qu’est-ce donc et pourquoi ?
Partie 2 : Le safe sex entre femmes en application : les options les plus connues.
Partie 3 : Le safe sex entre femmes en application : les options les plus méconnues.


Sources


Camille Miko, autrice et rédactrice en chef du fanzine Pandora


A lire aussi :

Safe Sex ? Oui, mais entre femmes  (1/3)

Safe Sex ? Oui, mais entre femmes (1/3)

Une légende existe : le sexe entre femmes est safe par définition…

Le safe sex est un sujet bien connu des relations entre homme et femme et des relations entre hommes. Par contre, pour les relations entre femmes, il en est tout autre, au point qu’une légende existe : le sexe entre femmes est safe par définition.

Rien n’est plus faux.

Dans cette partie, je vais vous expliquer ce qu’est et/ou peut être le sexe entre femmes, mais aussi pourquoi est-ce que ce sujet est important, que ce soit dans vos récits ou dans la vraie vie.

Dans la deuxième partie, j’aborderai les méthodes de safe sex entre femmes les plus connues et dans la troisième, celles dont je suis prête à prendre le pari que vous n’avez jamais entendu parler…

Définition rapide

Quand je dis « entre femmes », il faut plutôt comprendre « entre individus ayant des vulves ».  Personne n’a à être réduit à ses organes, donc à défaut d’une meilleure expression…

Néanmoins pour rappel :

  • dans le cas de rapports entre femmes transgenres non opérées, le safe sex est le même qu’entre hommes,
  • dans le cas de rapports entre une femme cisgenre et une femme transgenre non-opérée, le safe sex est le même entre un couple hétérosexuel,
  • des femmes ayant des rapports sexuels entre elles peuvent se définir comme bi, pan, … et ne sont donc pas uniquement lesbiennes.

Mais pourquoi est-ce important le safe sex entre femmes ?

Personne n’en parle. Je suis certaine qu’on ne vous a jamais présenté autre chose que les infâmes dangers de la grossesse et des vilaines IST/MST  (dont le VIH) que les mâles transmettent à leur conjoint, dans le cadre des séances d’éducation sexuelle – si vous en avez eues – au collège et lycée. Tout cela, alors même que la cyprine – ce que mon correcteur automatique corrige en « caprine » et que vos charmants petits camarades de collège avaient dû rebaptiser « la mouille » – mais aussi le sang – des règles, mais pas que ! – sont des vecteurs de transmission des IST/MST.

Si vous prenez le temps de regarder un peu les sources, vous verrez qu’au final, il y a assez peu de sources françaises ou de grandes associations comme AIDES. En réalité, c’est un non-sujet en France et un vrai problème pour les FSF (Femmes ayant des rapports sexuels avec des Femmes).

Cette méconnaissance donne comme unique résultat : des prises de risques. Cela concerne en réalité l’ensemble des conjoints et conjointes des femmes, c’est-à-dire aussi bien les relations lesbiennes que les relations hétérosexuelles.

La suite au prochain numéro dans trois semaines.

Partie 1 : Le safe sex entre femmes : qu’est-ce donc et pourquoi ?
Partie 2 : Le safe sex entre femmes en application : les options les plus connues.
Partie 3 : Le safe sex entre femmes en application : les options les plus méconnues.


Sources


Camille Miko, autrice et rédactrice en chef du fanzine Pandora


A lire aussi :

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