L’écriture, le safe sex et moi

CONSENTEMENT ET SAFE SEX :

ÉCRIRE RÉALISTE N’EST PAS ÉCRIRE CHIANT

Peu importe ce que l’on a pu lire ou entendu dire, consentement et safe sex vont de pair. Pour les partenaires – et peu importent leurs sexe, orientation sexuelle et pratiques –, pouvoir dire non ou stop à tout instant est la garantie d’un rapport consenti, d’un choix libre et éclairé. Alors, non, le safe sex n’implique pas que de se protéger physiquement.

Cette notion du safe sex mise au point et son lien avec le consentement établi, passons au point de vue de la littérature.

 

LE CONSENTEMENT N’EST PAS LE PASSAGE CHIANT DE TOUTE SCÈNE ÉROTIQUE

Bien qu’il m’arrive de tomber sur du safe sex ennuyeux à mourir et parfaitement saboté, en général, c’est toute la scène qui se révèle sans intérêt. (Que ce soit pour l’évolution des personnages, de l’intrigue ou au niveau de l’écriture.)

Clairement indiqué ou moins évident, voire inexistant, le safe sex n’est que vaguement respecté.

DE L’AUTEUR·E ET DU SAFE SEX

L’absence de safe sex est parfois une décision consciente de l’auteur·e, qui ne sait pas toujours comment l’intégrer à sa scène ou appréhende de casser le rythme de celle-ci. Auquel cas, il conviendrait de glisser un petit message ou un rappel au début du texte sur l’importance de se protéger. (Physiquement et moralement, cela s’entend.)

Un tel rappel vous semble très convenu en tant qu’auteur·e ou lecteur·trice ? Imaginez-vous à la place d’un·e autre : vous ne souhaitez pas lire ce genre de passage ; au mieux, ils vous indiffèrent, et au pire, vous repoussent pour des raisons qui n’appartiennent qu’à vous. C’est votre droit. Tout comme nous parlons de consentement et de relation de confiance entre deux partenaires ou plus, nous parlons des deux mêmes notions entre l’auteur·e et son lectorat. Quand il ouvre un livre, c’est avec l’assurance de ne pas y trouver ce qu’il ne veut pas.

L’excuse de la couverture qui explicite l’érotisme – voire l’absence de consentement – n’en est pas une, car il serait alors jugé normal de s’attendre à un ou plusieurs rapports non consentis dans tout livre érotique. Certain·e·s seront attiré·e·s par du cul « bête et méchant », là où d’autres se sentiront plus à l’aise avec un consentement parfaitement établi ou un message expliquant son absence.

Sachez enfin que la négligence du consentement dans la littérature (et via les autres vecteurs culturels) participe largement à la culture du viol.

Le rôle d’un livre est-il d’éduquer ?

LE MYTHE DE LA PROTECTION « TUE L’AMOUR »

Vos personnages sont absolument consentants, et peu importent les réjouissances qu’ils ont prévues, il faudra en venir à la phase « protection ».

Lorsque j’ai commencé à écrire des scènes érotiques pour servir certains pans de mes intrigues, j’ai enquiquiné certain·e·s ami·e·s Facebook et l’un d’elleux m’a répondu que le sexe, ce sont aussi des maladresses. Il peut être tendre et cocasse, et alors que je lis des gens qui cherchent à écrire la scène érotique parfaite, je me dis qu’ils passent finalement à côté.

Une scène érotique peut être bien écrite et mettre en avant les moyens avec lesquels les partenaires usent du safe sex. (Citons, en vrac, le préservatif, la digue dentaire, la préparation…) Elle peut verser dans la tendresse sans être gnangnan, se vouloir réaliste sans devenir ennuyeuse. C’est un tour de main à prendre, si je puis dire.

Je terminerai ce paragraphe sur un point, à mon sens, très important : la préparation dans le M/M.

Comme pour tout, il y a du bon et du mauvais M/M. Il y a surtout une tendance à se passer de consentement et de préparation. La pénétration anale étant ce qu’elle est, les lésions devraient s’accumuler à force de préparation bâclée. On me répondra sûrement que le but de l’érotisme est de satisfaire les lecteur·trice·s (comme toute bonne histoire, en somme), ce à quoi je rappellerai que l’auteur·e peut conjuguer safe sex et augmentation de la température, et accessoirement, s’abstenir de véhiculer des clichés propres au M/M.

On baise à tout va sans se préoccuper de la nature des rapports et on multiplie les orgasmes et les idées reçues ; ce qui m’amène au point suivant.

 

LA BÊTISE DE CROIRE QUE LE CONSENTEMENT EST L’APANAGE DES FEMMES

C’est là que je vais brièvement causer féminisme, car certaines personnes croient, à tort, que ce mouvement a pour objectif suprême de supplanter les hommes dans tous les domaines. Je ne dis pas que des extrémistes ne peuvent pas le vouloir ; tous les troupeaux ont leurs brebis galeuses. Seulement, l’idée de départ consiste à avancer sur un pied d’égalité. Pas de genre supérieur, donc – désolée pour les obsédé·e·s du complot féminazi. Cette égalité passe par un traitement similaire et sans équivoque des personnages, qu’ils soient assignés hommes ou femmes.

Une femme que l’on force à une fellation, c’est un viol. Un homme que l’on force à une fellation, c’est un viol.

Une femme que l’on pénètre sans son consentement, c’est un viol. Un homme que l’on pénètre sans son consentement, c’est un viol.

Une femme qui ne repousse pas son agresseur n’est pas consentante pour autant. Un homme qui ne repousse pas son agresseur n’est pas consentant pour autant.

Le M/M a ses casseroles, au même titre que le M/F et le F/F, même si j’entends moins parler de ce dernier, mais le M/M reste celui qui soulève le plus de tollés en matière de consentement et de safe sex en général. (Du moins, dans mon environnement et hors Dark Romance pour le M/F.)

M/M, CONSENTEMENT ET SAFE SEX : QUEL EST LE PROBLÈME ?

Le M/M est majoritairement défini comme un genre écrit par des femmes et pour les femmes. Les auteures se multiplient et les lectrices en redemandent. Je ne m’étendrai pas sur le cas du manga, que je ne lis pas assez pour en juger.

Non, le problème n’est pas que des femmes s’épanchent sur la vie sexuelle (et souvent débridée) de deux hommes ou plus. On peut apprécier le M/M (en lire et/ou en écrire) sans tomber dans ce que j’appelle « le travers fangirl ». On peut écrire du M/M pour participer à la diversification des personnages. (Je le fais, mais pas dans le domaine de l’érotisme.)

Oui, le problème est donc quand le M/M devient prétexte à de mauvais traitements sous couvert de romance. (Sans donner dans la Dark Romance purement établie et assumée.) D’où mon rappel de début de paragraphe.

DU CARACTÈRE DES PERSONNAGES

Autre point qui mérite que l’on s’y attarde : la caractérisation des personnages qui refusent un rapport sexuel. La petite sainte se rétracte, Machin-chose ne veut pas, mais elle porte une jupe ultra-courte, c’est une salope, Bidulette hésite, oh, fais pas ta prude !

Un personnage qui dit non ou repousse un pot de colle ne devrait pas être présenté comme une forte tête ou un sale caractère. Le refus d’un rapport sexuel est un droit fondamental. La menace et la surprise portent atteinte aux droits fondamentaux de l’individu.

Je conclurai ici en ajoutant qu’un personnage, femme ou homme, qui a une réaction physique au cours d’un acte sexuel non consenti ne signifie pas qu’il a pris du plaisir ou qu’il a changé d’avis en route. Les conséquences en seront désastreuses, pareillement à la vraie vie. Voilà l’utilité des Trigger Warnings si votre récit se passe de consentement et de safe sex. Là où une couverture et un résumé ne permettront pas d’évaluer le degré de dérangement, un Trigger Warning avertira directement.

 

Consentement et safe sex ne sont pas une question de genre, de pratiques, encore moins de goûts et de couleurs. À la façon de partenaires qui établiront un rapport de confiance entre eux, l’auteur·e en établit un aussi avec ses lecteur·trice·s. Que vous passiez outre le consentement et le safe sex, d’accord, mais il faudra en avertir votre lectorat à un moment ou à un autre.


Aude Reco

Aude Reco est une autrice de romance et SFFF.


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Le consentement dans la romance

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Se lancer dans l’écriture du M/M

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Au royaume des licornes, le poney est-il roi ?

Ceci est un article de Jason Crow.

Lorsque je me suis lancé dans l’écriture de mon premier texte m/m…

… J’ai fait des erreurs monstrueuses. Enfin, pour être plus exact et moins sévère, mes personnages ont fait des erreurs monstrueuses. Certes, il n’y avait pas de syndrome de Stockholm, certes celui qui recevait n’était pas en train de miauler comme un chaton à qui on donne du lait lorsqu’il se faisait sodomiser… Mais Jason et Nathaniel avaient une fâcheuse tendance à ne pas pratiquer le safe sex. Point de capote en vue et quid de la préparation ? Le fait est que Jason et Nathaniel venaient tous deux d’un milieu très dur où ce genre de choses n’est pas jugé nécessaire… Et c’est pourquoi dans Velvet Blackstar j’ai tenu à ce que ces erreurs soient réparées. Safe sex, préparation, protection, consentement… Même si ce livre n’est pas parfait, je pense avoir au moins réussi ça.

Ceci dit, en écrivant, je me suis rendu compte que mes personnages n’avaient pas nécessairement envie de sexe. Une petite scène érotique par-ci, un baiser par-là, voilà qui leur suffit amplement. Mais pourquoi ?

Eh bien parce que comme les hétérosexuels et contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, tous les gays ne sont pas fans de sexe. En fait, il y en a qui aiment et il y en a qui n’aiment pas. Il y en a qui pratiquent tous les jours, d’autres seulement le samedi soir… Bref, chacun son truc. Sans compter que le sexe gay et lesbien ne se limite pas à la sodomie ou l’utilisation de godes-ceintures. Pour les lesbiennes, il y a tant de positions différentes… Mais nous parlons de M/M alors restons sur le M/M.

La sodomie.

La sodomie, je le redis, ça n’est pas toujours agréable. Et on peut très bien se faire plaisir sans passer par là. Il y a des gays qui aiment la masturbation, d’autres qui préfèrent qu’on leur fasse une fellation… Et puis, là encore, il y a plein de positions possibles et imaginables ! L’idée que le sexe est une histoire de pénétration est avant tout issue de nos normes hétéronormatives. On ne nous apprend pas le sexe gay à l’école. On nous parle pénis et vagin, on nous parle reproduction. On ne nous dit pas qu’il y a plusieurs sexualités, plusieurs genres outre le système binaire que nous connaissons… Ces choses-là nous sont cachées. Par pudeur ? Par honte ? Par répulsion ? Je n’en sais rien. Je ne suis pas sûr de vouloir savoir.

Voici un petit guide de positions sexuelles gay. (déconseillé aux mineurs)

Quand bien même vous décideriez de décrire une sodomie, sachez qu’on n’écarte pas juste les jambes. Il faut les relever un peu, ou passer par derrière. En sandwich ? Elevated ? Bodyguard ? La sodomie, ce n’est pas qu’une histoire de « je te mets mon machin dans le popotin et tu aimes ». En fait, ce qui rend la sodomie agréable, c’est justement la position, l’habileté du partenaire… Et la préparation.

Préservatif à tous les étages !

Dans Velvet Blackstar, mes personnages n’ont bien sûr pas tous le temps de procéder à un lavement avant de faire l’amour. Alors plutôt que risquer de se retrouver avec des choses dégoûtantes sur les doigts ou la langue (rien de plus pathogène que les excréments, moi je dis ça, je ne dis rien), autant mettre un préservatif sur sa langue ou ses doigts. Je vous vois glousser mais ça peut s’avérer utile. Et surtout, on n’oublie pas le lubrifiant, une bonne dose s’il vous plaît. Votre partenaire vous en sera reconnaissant.

Pour information, ce qui rend la sodomie agréable pour un homme, c’est sa prostate. Elle se trouve à une phalange de l’entrée de l’anus, vers le haut. C’est une boule de nerfs d’une grande fragilité qui doit être traitée avec délicatesse. De la même façon que je sens mes poils se dresser sur mes bras lorsque je vois un mec faire squirter une fille comme un bourrin (deux doigts où je pense et pan pan pan comme un maçon), je n’aime pas lire des textes où l’homme se fait perforer comme un bout de papier. Par ailleurs, votre personnage aura beau enfoncer son sexe, ses doigts ou sa langue aussi loin qu’il veut, ça ne sert à rien, il ne touchera pas l’estomac de son copain. Par contre, il va lui faire mal.

Les risques d’une sodomie sans préparation ?

Déchirure anale (fissures), problèmes internes, douleur… Une sodomie sans préparation, ça n’est agréable pour personne et surtout pas pour celui qui la subit. Tiens en parlant de ça : on dit souvent que les trans aiment la sodomie. C’est faux. Il y en a qui aiment sûrement, je ne le nie pas mais tous les trans n’aiment pas le sexe, encore moins le sexe anal. Encore une fois, l’idée que le sexe est surtout une histoire de pénétration a quelque chose de très réducteur. C’est dommage.

Le mpreg…

Personnellement, je ne suis pas fan de mpreg. Stop ! Je n’ai pas dit que vous n’aviez pas le droit d’en écrire. Mais il n’y a pas si longtemps, je discutais avec Ed (mon amoureux scientifique et trans) de mpreg et on se disait que d’un point de vue strictement médical, c’est impossible. Même en étant hermaphrodite, ça engendre des risques. D’ailleurs, nombre d’hermaphrodites sont stériles. Quant aux trans, non, une grossesse chez un trans, ce n’est pas un fait commun et ça n’est pas du mpreg. Tous les trans ne souhaitent pas tomber enceinte. Il faut vous dire qu’un trans enceinte ne peut pas prendre de testostérone et va se retrouver avec un corps féminin ‘accentué’. Le pire cauchemar de quelqu’un qui déteste déjà son corps en fait. Là encore, tous les trans ne souffrent pas de dysphorie, tous les trans ne vont pas vouloir un sexe d’homme ou même une opération mammaire… Mais le fait est que nous ne sommes pas nos plus grands fans. Notre corps est l’antithèse de ce que nous sommes. Parlons de Klaus Katzen, par exemple. Klaus, dans Bad Rain, est un chanteur de rock transsexuel. Il vit en couple avec Nathaniel Nakamura, un homme gay cisgenre. Bon. Ils ne font que très rarement l’amour et généralement, il s’agit plus pour Klaus de masturber ou doigter Nathaniel. La seule fois où ils ont fait l’amour ‘normalement’, ils étaient ivres tous les deux et Klaus a eu des quintuplés. Il a très mal vécu sa grossesse, même si il adore ses enfants.

Non, tous les transsexuels ne rêvent pas d’un gode ceinture attaché à leur taille…

Comme dit plus haut, nous ne rêvons pas tous d’avoir un sexe d’homme. Déjà parce que les opérations à subir sont lourdes et irréversibles mais n’apportent pas nécessairement entière satisfaction (pour concevoir un ‘faux’ pénis, on utilise la peau de l’avant-bras, ça fait mal et ça laisse une cicatrice assez moche). Et ensuite, parce qu’un pénis ne fait pas un homme. Nous sommes nombreux à rêver de ne plus avoir de seins. Mais le pénis ? Non, ce n’est pas toujours un rêve. Je vous recommande cette chaîne youtube, créée par un transsexuel qui raconte sa vie et son parcours…

« Il est bâti comme un poney »

Personnellement, et ça n’engage que moi, je ris toujours en voyant des descriptions physiques d’hommes ‘parfaits’ pourvus de membres titanesques et de muscles saillants. Les hommes, il y en a des gros, des grands, des petits, des maigres, des minces… Bref, il y en a de toutes sortes. Ce qui veut dire qu’ils n’ont pas tous un membre digne de passer dans un porno. Et c’est là que les choses deviennent compliquées : souvent, pour une femme ou un homme hétéro, la vision du sexe gay vient des romans M/M ou des YAOI écrits par des hétéros.

Vous voyez où je veux en venir ?

Je pense qu’il y a de très bons auteurs de M/M. Vraiment. Mais je pense aussi qu’il y a un manque cruel d’information en ce qui concerne la communauté gay et sa vision de l’amour et du sexe dans tous les médias.

En conclusion :

J’aurais tendance à dire : you do you. L’important, c’est que vous vous y retrouviez et vos personnages aussi. Mais pensez toujours aux gens qui vous lisent. Surtout aux jeunes qui se renseignent sur leur propre sexualité. Je sais qu’un mythe peut être dangereux s’il est pris pour argent comptant. Je le sais d’expérience. Donc… Prudence.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Un petit tour dans le monde du Yaoi

Ceci est un article de Jason Crow.

Comme nombre de jeunes membres de la communauté LGBT, j’ai rarement trouvé représentation à mon pied.

On ne va pas se mentir, les gays dans les médias, ne sont pas toujours très bien représentés. La communauté LGBT de manière plus générale, est vue comme un alien par de nombreux hétérosexuels qui oscillent entre deux modes de pensée : à leurs yeux, nous sommes malades et/ou confus. Tu es bisexuel ? Tu es avare et incertain. Tu es gay ? Ah ! Tu n’as juste pas trouvé la bonne personne du sexe opposé ! Trans ? Meuh non, ça n’existe pas les trans… Je ne rigole pas, j’ai réellement entendu ce genre d’âneries et je les ai vues se propager à une vitesse alarmante sur des sites comme Tumblr qui, tout en prêchant la bonne parole, ne sont pas fichus d’appliquer leurs propres conseils. Et comme de nombreux jeunes LGBT, j’ai commencé à chercher une représentation plus réaliste à l’adolescence, lassé de tomber sans arrêt sur des clichés.

Je me suis alors tourné vers… Le Yaoi.

Avant toute chose, je tiens à préciser ceci : je n’ai rien contre le Yaoi et la romance M/M. J’en écris, j’en dessine, bref, je suis même tout à fait pour le Yaoi… Si il est bien écrit. Vous allez me dire : tout est subjectif. Et c’est vrai, tout est subjectif, tout est matière à réflexion, mais force est de constater qu’on trouve quand même un paquet de sottises dans certains ouvrages du genre… Et ces sottises peuvent avoir un impact plus que néfaste sur la psyché d’un jeune LGBT qui se cherche encore.

Le sexe anal, ça fait mal.

Je le dis souvent, on va même dire que ça tourne à l’obsession, mais pour moi c’est important de le dire : la sodomie, ça fait mal. Ce n’est pas nouveau, tous les gens qui la pratiquent vous le diront, un anus n’est pas un vagin, un anus ne se lubrifie pas tout seul, un anus a besoin qu’on le pouponne un peu avant de le ‘pourfendre comme Saint Michel et son dragon’. Un ancien ami avait à ce sujet une formule parfaite : « roule-moi une pelle ! J’aime bien la sodomie mais j’aime bien les câlins aussi ! ». Et on ne le dira jamais assez : la préparation n’est pas un luxe. Je sais que c’est rédhibitoire pour nombre de lectrices mais il faut bien comprendre ceci : sans préparation, la sodomie, c’est dangereux. Fissures anales, déchirure, blessures internes, saignements, infections…Et puis franchement, vos tenez vraiment à mettre vos doigts ou votre langue dans un anus tout sale ?

Non, un viol n’est pas glamour.

Je ne sais pas pourquoi, mais dans nombre d’ouvrages M/M ou Yaoi on retrouve… le viol consenti. Je ne sais pas comment appeler ça, je ne sais même pas si ça a un nom. Après, peut-être que le fait d’être un porte-parole du hashtag metoo fait que je suis particulièrement sensible à ça mais… Je vais essayer de dire les choses calmement, parce que cet article n’a pas pour but de blesser ou d’énerver ou d’attaquer qui que ce soit : un viol, ça n’a rien de glamour. Si le type dit « non », « stop », n’est pas en état de consentir, semble effrayé ou a mal, il faut mettre le holà. Et si viol il y a, alors présentez-le comme tel. Un viol, c’est un crime. Un viol, c’est destructeur, ça peut bousiller une vie. Et je sais que quand j’étais plus jeune, retrouver ça dans un roman ou une bd et voir que c’était présenté comme quelque chose de ‘so sexy’, ça m’a blessé et attristé. Et je ne suis sûrement pas le seul malheureusement…

Je ne pratique pas : je me renseigne.

Je sais qu’un roman ou une bd n’est pas supposé être une encyclopédie du sexe. Je le conçois tout à fait, mais… Si je vous présente un roman hétéro, vous allez me rire au nez parce que franchement, je l’aurais sûrement très mal écrit. Je ne sais pas écrire les relations hétérosexuelles, j’ai essayé et je finis toujours par faire rompre mes personnages qui se sentent mieux avec une personne du même sexe de toute façon. Mon psy dirait sûrement qu’il y a matière à creuser, tiens. Et il a raison, il y a matière à creuser : je me suis forcé à me mettre dans des relations hétéro pendant longtemps, à me faire passer pour une fille cis et hétéro alors que je suis un homme trans gay/bi. Autant dire que je n’ai pas eu une adolescence très fun. Cela dit, s’il y a bien un principe que j’ai toujours appliqué dès l’instant où j’ai pris la plume, c’est celui-ci : quand on ne connaît pas, on se renseigne. Il n’y a pas de honte à lire des témoignages, à poser des questions. Au contraire ! Vous êtes sûrement très ouvert d’esprit, alors votre démarche est bonne, non ? Personnellement, je n’ai rien contre le fait qu’on me pose des questions, je préfère ça d’ailleurs.

« Je suis une femme cis et hétéro qui écrit du sexe gay. C’est mal ? »

Ca, c’est un cas de figure que je vois souvent… Et je n’ai rien contre. Je me fiche éperdument de votre genre et de votre sexualité. Mais alors, je m’en fiche à un point… Cependant, je trouve intéressant de se poser la question : pourquoi ? Pourquoi écrire du sexe gay ? Après, c’est un choix, un droit, pas de souci. Mais certaines personnes le font pour de très mauvaises raisons : glamouriser les abus sur personne LGBT, s’imaginer que tous les gays sont dans le placard et malheureux ou au contraire, ultra-extravertis et euphoriques, se dire qu’un gay peut être converti… Oui oui, j’ai déjà eu ce débat avec des dames tout à fait charmantes au demeurant mais qui avaient une vision faussée de la communauté LGBT et qui pensaient sincèrement avoir écrit une bible pour les gays.

Je ne suis pas pour faire la police. Je n’aime pas le débat qui fleurit sur Tumblr et qui voudrait qu’on interdise aux femmes d’écrire ce qui leur plaît. La liberté d’expression, ça parle à quelqu’un ? Cela dit, cela dit, cela dit… Je suis aussi pour qu’il y ait une meilleure compréhension de la communauté LGBT, du sexe entre gays ou avec une personne trans. Tiens, parlons-en d’ailleurs !

Je suis trans.

Je suis transsexuel. Ce qui veut dire que j’ai un corps de femme mais l’esprit d’un homme. Je souffre de dysphorie légère, et si j’ai des troubles mentaux, ça n’a rien à voir avec mon identité sexuelle. Je suis heureux, je m’assume… Mais je n’ai pas de vie sexuelle, en grande partie à cause de mon passé. J’en ai eu une, j’ai pratiqué et ça m’arrive encore de faire certaines choses, mais je ne suis pas un fan du sexe… Ce qui explique sans doute que mes personnages ne soient pas non plus très portés sur la chose. Bon. Bien sûr, il y a des trans qui aiment le sexe, mais comment l’aiment-ils ? Eh bien… Ca dépend des gens et surtout, ça dépend du rapport qu’ils ont avec leur propre corps et de leur niveau de dysphorie. Si vous détestez votre corps, vous n’allez pas avoir envie qu’on le tripote. Peut-être ne vous masturbez vous même pas, alors laisser quelqu’un le toucher ? Faut pas pousser non plus. Le fait est qu’un trans n’aura pas les mêmes envies, les mêmes désirs, les mêmes attentes qu’une personne cis. Et très franchement, je n’ai jamais rencontré d’homme trans qui adore la sodomie et les godes-ceintures. Je suppose qu’il y en a ! Mais dans le doute… On se renseigne. On pose les bonnes questions.

Je voudrais que mon personnage féminin hétéro sorte avec mon personnage masculin gay.

… Il n’y a pas quelque chose qui vous choque dans cette phrase ?

Pourtant, là encore, c’est un cas de figure qu’on retrouve souvent dans la littérature gay… Malheureusement. Oui, il y a des hommes gays qui sont plus ou moins flexibles dans leur sexualité. Mais ils ne sont pas légion et ils n’ont pas tous envie de sauter sur la poupée hétérosexuelle du coin. Je ne suis personnellement pas fan de ce cliché, qui ressemble d’avantage à une thérapie aversive miniature qu’autre chose : on veut convertir le gay, on veut le faire rentrer dans une jolie case. Et on en profite pour faire passer la fille pour une allumeuse qui est prête à tout pour détruire un gay… Je pense que les femmes comme les hommes, méritent mieux qu’une relation forcée, non ? Après, si c’est ce que VEUT votre personnage, grand bien lui fasse ! Mais l’idéal serait que ça vienne des deux personnages et que ça semble naturel.

Sherlock Black est gay.

Mon personnage principal, Sherlock Black, se retrouve dans le tome 2 de Velvet Blackstar, dans un corps de femme, notamment à cause de sa grossesse. Cependant, il se considère toujours comme un homme. Ses petits amis sont gays et l’aiment profondément, le voient comme un homme malgré son apparence… Mais ils ne veulent pas forcément coucher avec lui. Pourquoi ? Parce qu’il a un vagin. Il le comprend d’ailleurs, ils ont peur de lui faire mal et ils ne sont pas du tout à l’aise avec l’idée de coucher avec lui en femme. Patrick et Eddie veulent bien, parce qu’ils ont envie de tenter et ça se passe plutôt bien d’ailleurs. Mais Jack ? Nope. Jack ne le touchera pas. Parce que Jack ne peut pas, ne veut pas et n’envisage pas de toucher un corps de femme. Il aime et respecte Sherlock en tant qu’homme mais la perspective de toucher des attributs féminins le met très, très, très mal à l’aise. Et ça a toujours été comme ça ! Bien avant que j’écrive Velvet Blackstar, je faisais des roleplay avec des amis et ils avaient tendance à vouloir mettre Jack avec leurs personnages féminins. Jack ne supportait pas. Et il est hors de question que je force mes personnages à faire quelque chose qui ne leur correspond pas. Jack a-t-il un problème avec les femmes ? Pas du tout, il adore Nagisa, Alice, Becky… Et il considère vraiment Sherlock comme un homme. Et Sherlock le respecte et l’aime. C’est pour ça qu’ils ne se forceront JAMAIS à changer.

Il y a des gens qui vous diront « je me fous du genre ».

Il y en a d’autres pour qui c’est plus compliqué.

Conclusion ?

Je crois qu’il y a de très bons textes, très instructifs. Je crois qu’il y a des auteurs fantastiques. Mais il y a aussi des gens qui ont besoin d’apprendre… Et je parle aussi des lecteurs. Je sais que pour un lecteur, se sentir représenté, compris, c’est important. Ecrivez pour vous cela dit, écrivez pour le plaisir d’écrire. Mais si vous avez un doute… Posez les bonnes questions. Et comme toujours, jouez gentiment !

 


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Peu importe le genre, le consentement et le respect de l’autre doivent être mutuels.

Ceci est un article de Jason Crow.

Je suis auteur, je suis trans et je ne suis pas hétéro.

Et s’il est un phénomène qui ne m’a pas échappé, c’est celui qui veut que, dans de nombreuses oeuvres de fiction, on parte du principe assez répugnant que le consentement et le respect de l’autre sont… Comment dire… Inutiles. C’est ça, inutiles. Je ne parle pas nécessairement de viol ou d’une relation malsaine à la base. Mettons que deux personnages s’aiment. Ils sont amis. La femme veut coucher avec l’homme. Ce dernier n’est pas intéressé, pour des raisons qui lui sont propres. A force d’insister, la femme finit par pousser le mec sur le lit et le chevauche en silence jusqu’à l’orgasme… J’ai lu une scène de ce genre il y a peu dans un livre que je ne nommerai pas (et que j’ai adoré en dépit de ce passage). Et elle m’a choqué. Parce que ce que certains vont trouver ‘hot’ sous prétexte qu’une femme le perpètre, le bon sens le condamnerait si la victime était justement de sexe féminin. Soyons clairs : il y a une injustice dans le traitement des femmes et des hommes dans la littérature et ça ne date pas d’hier. On se dit qu’une femme ne peut pas commettre d’atrocités, mais on prétend aussi que dans les relations gays et lesbiennes, il y a nécessairement une notion de dominance quasi-prédatrice.

Je reconnais qu’ayant moi-même vécu ma part de saletés, je ne suis peut-être pas très objectif.

Pour autant, je suis également certain d’une chose : si je devais apprendre la notion de consentement et de respect à quelqu’un, ça ne serait certainement pas en commençant par « tu es une femme donc tu as tous les droits » ou « tu es un homme donc tu seras un prédateur » ou pire « tu es gay donc tu dois être actif/passif et te conformer à des normes ».

Je m’explique : l’amour, le sexe, c’est avant tout une question de respect. On dit à l’autre qu’on le comprend et qu’on accepte ses oui comme ses non. On lui reconnaît le droit de ne pas aimer certaines choses. On admet que l’autre puisse avoir la migraine ce soir là. Parce que c’est important. C’est même essentiel.

Mais alors ? Est-ce que mon personnage est un porc ?

Peut-être et si tel est le cas, c’est à vous de faire ressortir le fait que « eh, ce que ce personnage fait, c’est mal ». Pas en martelant le message dans la tête du lecteur – qui n’est pas idiot, merci bien – mais en glissant des réactions, des pensées dans votre texte. Pour ça, j’avoue que Marlene Jones, qui n’est pas seulement une amie mais aussi un auteur que je publie et que j’estime, est très douée. Elle ne dit pas « c’est bien » ou « c’est mal » mais elle laisse le lecteur se faire son idée de la chose et en même temps, elle sait très bien où elle veut en venir. Pour ma part, je suis peut-être un peu plus cru dans ce que j’écris et mes personnages sont peut-être aussi un peu plus sûrs de ce qu’ils veulent. Ce n’est ni mieux ni pire. Mais le fait est que si votre personnage a un comportement toxique, vous êtes le seul en mesure de faire en sorte que le message passe ou non. Le lecteur se fera son idée, mais c’est aussi à vous de l’aiguiller sur la piste voulue.

« Une femme ne peut pas violer ».

Celle-là, je l’ai entendue plus d’une fois et elle m’a toujours donné des envies de meurtre. Mettons les choses au point. Plongeons dans le chaudron et remuons le gouda tout chaud : chaque être humain est capable du pire, peu importe le genre. Une femme peut battre.  Une femme peut tuer. Une femme peut violer. Il y a peut-être moins de témoignages de victimes parce que les victimes ont peur et honte, mais il y en a. Peu importe le genre, un prédateur est un prédateur. Un monstre est un monstre.

Je ne prétend pas que mes ouvrages soient paroles d’évangile. Je ne prétend pas non plus être un grand auteur. Mais j’ai vocation d’aider et éduquer si je le peux. Et si par ce petit article, j’ai pu vous faire repenser certaines de vos certitudes… Alors tant mieux.

Comme toujours, jouez gentiment.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Ceci est un article de Jason Crow.

BDSM ? Parlons-en… en 50 nuances.

En tant qu’auteur et parce que je pratique le BDSM, je dois admettre que je n’aime pas 50 Nuances de Grey. Je me souviens avoir lu des passages qui me faisaient froid dans le dos, parce que Christian Grey, aussi bellâtre soit-il, passe pour un pervers narcissique et Anastasia pour une Mary-Sue en puissance. La combinaison de ces deux personnages donne naissance à quelque chose de malsain, de tordu, quelque chose qui n’a rien à voir avec le vrai BDSM. On pourrait arguer qu’Anastasia finit par dire oui ou qu’elle dit oui puis change d’avis… Peu importe. Du moment qu’il y a une notion de refus catégorique, du moment qu’une personne vous dit « non » ou « stop », vous devez arrêter. Même si votre partenaire vous demande de le traiter d’esclave ou de chien pendant l’amour, tout est avant tout affaire de consentement et de respect. Et malheureusement, c’est une nuance qu’on ne retrouve plus réellement dans nombre d’ouvrages. Les soumis sont représentés comme naïfs et méritant d’être violés et les maîtres abusent de leur pouvoir. C’est dommage, car quand les choses sont bien faites, le BDSM est avant tout un jeu des plus plaisants, si on aime   pimenter sa vie sexuelle.

Vos personnages ont-ils envie de tenter le BDSM ?

En tant qu’auteur, je dirais qu’il est important de savoir respecter ses personnages. Je m’explique : vos personnages, vous leur avez donné une part de votre coeur. Vous avez mis vos tripes et votre sang dans leur création, tant et si bien qu’ils ont fini par devenir plus humains, plus réalistes, pour le meilleur et pour le pire. Mais si vous commencez à leur imposer quelque chose qu’ils ne veulent pas, vous souffrirez à coup sûr d’un bloquage aussi étourdissant que déplaisant. Votre texte vous paraîtra faux, sans saveur. Parce que votre muse vous aura quitté, vous cesserez d’aimer vos écrits. Un personnage de fiction, c’est avant tout un doux trésor, et une personne. Peu importe qu’il soit fictif. Vous lui avez donné une vie. Peut-être pas une vie réelle, mais une vie, oui. Et vous devez lui montrer que vous le respectez. Respecter son personnage, c’est aussi se respecter soi-même d’ailleurs : vous ne voudriez pas être forcé de faire quelque chose qui ne vous plaît pas. Et c’est votre droit. Donc, avant de vous lancer dans la rédaction d’un manuscrit traitant du BDSM, demandez-vous si ces pratiques sont faites pour vos personnages.

Un monde de règles.

Le BDSM, c’est avant tout un monde de règles. Le maître et le soumis ont un rapport étonnant, un rapport de respect, de tolérance, de repousse des limites. Le maître enseigne, le maître apprend, le maître joue, le maître comprend. Le soumis reçoit, le soumis enseigne et apprend, le soumis respecte. Je synthétise mais c’est un peu l’idée. Le maître et le soumis établissent une relation qui va au-delà de ce qu’on peut imaginer parce qu’ils fixent leurs propres limites. Combien de coups de cravache ? Roulette à picots, plug électro ? Jouets ou non ? D’ailleurs, il n’y a pas de ‘mode d’emploi’ en fait. Il y a ceux qui aiment le BDSM hardcore et ceux qui préfèrent le soft BDSM. Tout dépend. Personnellement, j’aime être un maître hard. Mon fiancé est un maître soft et traite son soumis avec une infinie douceur. Mon premier soumis était adepte des pratiques les plus extrêmes. D’autres vous diront ‘stop’ au bout d’un coup de fouet. En admettant qu’ils passent par la case coup de fouet. La première règle ? Respecter l’autre. Etablir les règles dès le départ, avant la première séance. Pas question de s’engager dans quelque chose qui pourrait vous blesser, vous ou votre partenaire.

Mais comment savoir si mon personnage a envie de tenter le BDSM ?

Laissez-le s’exprimer. Oui, c’est complètement schizophrénique comme notion, mais votre personnage vous dira lui-même ce qu’il veut. Je pense aux personnages de Marlene Jones, une amie auteur. Ils aiment le BDSM et elle aime ses personnages. Alors elle leur donne ce qu’ils veulent et ils adorent ça. Parce qu’ils se sentent libres. Parce que tout ce qu’ils ont pu traverser avant a un sens. Parce qu’ils savent qu’ils sont respectés, aimés.

Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.

On l’a tous entendu ce vieil adage et c’est vrai : ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. Si certaines pratiques vous semblent trop extrêmes, trop violentes, ne les pratiquez pas. Personne n’a le droit de vous y forcer de toute façon. Qu’il s’agisse de vos personnages ou de la façon dont vous vous comportez dans la vie réelle, il est important que vous sachiez vous respecter autant que vous respectez l’autre. Par exemple : ce qui fait de 50 Nuances un texte aussi faux qu’aberrant de sottise, c’est le fait que les personnages sont creux, sans passion, sans charme. Mais un personnage qui aime ce qu’il fait, un personnage qui vit, qui a des défauts, des qualités, un personnage qui apprend et comprend, c’est magnifique.  Cela dit, nos personnages ne savent pas toujours ce qui est bon pour eux. La sodomie sans préparation, c’est dangereux ? Oui. Le sexe sans capote, c’est dangereux ? Oui. Le BDSM sans règles et sans limites, c’est dangereux ?

Vous n’imaginez même pas.

Prenons un exemple tout bête : les crochets. Vous suspendez votre soumis et lui accrochez, à sa demande, des poids aux tétons. Le soumis aime et au début tout se passe bien, jusqu’à ce que le soumis en demande plus, toujours plus. Vous commencez à vous inquiéter. Le soumis vous assure que tout ira bien.

Et un séjour gratuit à l’hôpital, un !

Le BDSM, c’est plus exotique.

Oui, c’est vrai, le BDSM (dans les livres comme dans la vraie vie) c’est plus exotique que le vanilla sex. Mais ce n’est pas pour autant que vous devez vous lancer tête baissée dans quelque chose que vous ne connaissez pas. Avant d’écrire sur le BDSM, renseignez-vous, informez-vous. Et vous vous rendrez compte que le vanilla sex, bien fait, a du bon aussi. L’important dans le sexe, c’est de savoir ce qui nous fait du bien. On s’en fiche que ça soit vanilla ou rough. Ce qui est important, c’est de prendre son pied et de rendre l’autre heureux.

Conclusion :

Faites vos recherches. Tentez. Ecrivez. Mais avec prudence.

Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Les règles ne sont pas un tabou

Ceci est un article de Jason Crow.

Il y a encore quelques dizaines d’années, les règles étaient un tabou.

Et encore maintenant, il est assez difficile d’en parler sans s’attirer des regards écoeurés de la part de votre interlocuteur. Bien sûr, ce n’est pas exactement un sujet qu’on a envie d’aborder entre l’entrée et le dessert, les règles ça n’a rien de glamour ni de plaisant, mais le fait est qu’il n’y a rien de plus naturel. Le corps humain fait son travail, point. Le problème, c’est que quand on est un homme transsexuel, c’est aussi un rappel à l’ordre constant. Tu es une femme !, te crie ton corps. Et l’homme trans de se dire « flûte ». Bon, dans le cas où l’homme trans en question prend de la testostérone, tout va bien, pas de problème. Normalement, les règles disparaissent toutes seules. La pilule en continu, pour ceux qui ne peuvent pas prendre de T, peut aider aussi. Mais le fait est qu’il y a des trans qui n’ont accès à rien de tout ça et qui se retrouvent complètement déprimés et à la limite du suicide quand Miss Scarlet débarque.

Difficile de s’identifier aux personnages de fiction…

Dans les livres, on parle peu de règles, de fluides corporels en général. Enfin si, on parle de semence, de sueur… Mais les règles ? Jamais. Et ça, c’est un peu dommage quand on sait que nombre de jeunes trans et gays se découvrent via les livres. Après, bien sûr, il n’est pas question d’entrer dans les détails. Les règles, ça peut être franchement crade. Mais, rien que de les mentionner, de dire « Sherlock se sentait nauséeux. Sale. Mal. Il avait l’impression que son corps le trahissait » ou quelque chose du genre (Sherlock, c’est le petit personnage sur l’illustration de cet article, un transsexuel qui ne peut pas prendre d’hormones), bah… ça renvoie au fait que oui, les règles, c’est naturel, même si c’est pénible. Dans le cas de Sherlock, il a ses règles, il met des tampons et ça lui arrive même de prendre trois douches par jour parce qu’il se sent franchement sale. Après, Sherlock n’est pas nécessairement un modèle, mais il est basé sur une expérience de vie réelle et sa réaction est celle de son auteur. Cela dit, il faut aussi bien noter que les règles, c’est quelque chose de naturel, que ça ne dure pas éternellement et qu’il faut faire avec, même si c’est dur.

Le saviez-vous ?

Disney, qui paraît pourtant un peu guindé, a, en 1946, réalisé un petit cartoon sur les règles qui expliquait non seulement très bien comment fonctionne le corps humain mais aussi comment gérer ses règles. Certes, certains sujets mériteraient une mise à jour mais ça aide à se rappeler qu’il n’y a rien d’anormal dans tout ça et qu’en fait, en parler, ne serait-ce qu’à un médecin, ça peut aider.

Comment survivre aux règles quand on est trans ?

Pour savoir comment votre personnage réagirait face à ses propres règles, ne cherchez pas à vous mettre dans sa tête. Laissez-le s’exprimer. Cela peut sembler un peu schizophrénique mais c’est nécessaire. Lisez des témoignages de trans, renseignez-vous, posez des questions. Votre personnage fera le reste et décidera lui-même de ce qu’il veut faire ou dire.

Pourquoi en parler ?

Encore une fois, nombre de jeunes s’identifient à leurs personnages préférés et apprennent à mieux vivre leur sexualité par le biais de la fiction. Avoir ses règles quand on s’identifie comme un homme, c’est très dur à vivre. Alors savoir que son héros préféré a le même problème, ça fait du bien. De plus, il est temps de casser les vieux tabous. Avoir ses règles n’est pas un crime.

Conseils aux jeunes trans :

Prenez une pilule adaptée à votre métabolisme. Parlez avec votre docteur, n’hésitez pas à poser des questions, à vous renseigner. Il n’y a aucune honte à avoir des questions. Et si vous avez peur des odeurs, des fuites, d’un ‘paquet’, mettez des tampons (en choisissant quelque chose d’adapté à votre flux menstruel). Demandez l’aide de votre maman ou de votre soeur si vous n’y arrivez pas tout seul. Encore une fois, ça n’est pas une honte. Ensuite, rappelez-vous que vos règles ne durent que quelques jours et ne sont là qu’une fois par mois. Si vous vous sentez vraiment mal au niveau moral, parlez. A un ami, sur un blog, à un parent… Parlez.

 

Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Trigger Warning ? Velvet Blackstar

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L’importance de respecter son lectorat

Ceci est un article de Jason Crow.

Velvet Blackstar et le Trigger Warning

Dans mon dernier livre, Velvet Blackstar, j’ai inclus un trigger warning. Alors, un trigger warning, c’est qui c’est quoi ? Un trigger warning, c’est un avertissement, généralement trouvable en début d’ouvrage ou sur la page de présentation du manuscrit, indiquant que certaines scènes peuvent choquer le lecteur. Dans mon cas, je n’avais jamais utilisé de trigger warning avant, pas même pour Sold, qui contient pourtant des mentions de viol et de violences en tous genres. Pourtant, quand j’ai écrit Velvet Blackstar, j’ai voulu mettre un trigger warning sur la page de description et à l’intérieur du roman. Pourquoi ? Parce que la première scène est un viol et est présenté comme tel, dans toute sa violence et toute sa cruauté et que plusieurs séquences du roman peuvent choquer les âmes sensibles. Pour autant, j’aime mon livre. Et je sais que j’ai présenté les choses de manière explicite : on sait que ce qui se passe est mal, que ça ne devrait pas arriver. Ce n’est pas montré comme quelque chose de beau, encore moins de glorieux.  Mais ça peut choquer. Alors un trigger warning s’est imposé et au final, je ne le regrette pas : les lecteurs se précipitent sur le livre en connaissance de cause et ceux qui pensent ne pas pouvoir encaisser ce que Velvet Blackstar a de noir et de violent ne le lisent pas. Tout le monde est content, le trigger warning ne coûte pas cher (rien du tout en fait) et ça prend deux minutes à écrire.

Il y a peu, je suis tombé sur un livre qui fait le bad buzz justement parce qu’il n’a pas de trigger warning.

Par respect pour l’auteur et parce qu’on n’est pas là pour cracher sur les copains, je ne dévoilerai pas le nom de l’ouvrage. Je peux cependant dire ceci : avant de lire les premières pages, j’ai été voir les commentaires. C’est la première fois que je vois un tel déferlement de colère à l’encontre d’un roman. Et je comprend : j’ai lu les premières pages, ça m’a choqué, j’ai refermé les livre et je suis parti. Je n’ai pas laissé de commentaire, j’ai juste dit ce que j’avais à dire sur Facebook et c’est tout. Cela dit, je tiens à dire que la personne écrit bien. Elle a un bon style. Seulement, ce qu’elle écrit est malsain, cruel, violent. Et je suppose que c’était son intention première, puisqu’elle parle de réalité sale sur Facebook. Mais est-ce qu’un trigger warning n’aurait pas été de mise ? Ce livre met notamment en scène une petite fille de sept ans en train d’attendre lascivement que son père couche avec elle. J’ai lu cette scène. Elle m’a laissé horrifié, malade et triste. Là encore, je tiens à le dire, l’auteur a dit clairement qu’elle voulait écrire quelque chose qui dérange. Mais… Outre le fait que la fiction peut avoir un impact sur la réalité, est-ce qu’un petit trigger warning n’aurait pas au moins mis en garde les lecteurs ? Un mot de l’auteur disant « je sais que c’est choquant, cet ouvrage contient ceci, cela et traite de sujets graves », ça ne coûte rien. Et encore une fois, ça ne fait de mal à personne, ça évite même bien des soucis.

Cela dit dans le cas mentionné, il y a aussi la façon dont ont été traités les sujets en question… Mais passons.

Trigger warning = faire fuir les lecteurs ?

Non. Et honnêtement, je pense même que les lecteurs apprécient qu’on prenne soin d’eux. C’est logique. Après tout, tout le monde n’a pas envie de lire certains sujets et surtout, quand on lit, on le fait pour réfléchir, pour se détendre… Mais pas pour se sentir mal après. Enfin, je ne pense pas ? Partant de ce principe, qui aurait envie de se faire mal volontairement en lisant un ouvrage qui ne lui correspond pas et qui est susceptible de raviver des douleurs anciennes ou récentes ? Car il y a aussi le problème du traumatisme réel : certains lecteurs ont vécu ces choses dont vous parlez dans votre ouvrage, et ils n’ont peut-être pas envie d’en entendre parler à nouveau ? Écrire un trigger warning, ça n’est pas seulement une sécurité pour vous en tant qu’auteur, c’est aussi une façon de dire « eh, Lecteur, je t’aime bien, mais c’est justement parce que je t’aime que je te protège ».

En d’autres termes.

Je ne pense pas qu’un trigger warning mette en cause la qualité de vos écrits. Si votre livre est bon, il se vendra. Point. Le trigger warning ne jouera en rien sur le nombre de ventes et ne fera pas de vous un monstre. Bien au contraire : les lecteurs avertis sauront si ils doivent ou non lire votre ouvrage et ceux qui choisiront de le faire sauront à quoi s’attendre. Encore une fois, ça prend deux minutes, ça ne coûte rien et ça rend tout le monde heureux. Alors… Pourquoi pas ?


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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