Dominance

 dominance

Peu importe le genre, le consentement et le respect de l’autre doivent être mutuels.

Ceci est un article de Jason Crow.

Je suis auteur, je suis trans et je ne suis pas hétéro.

Et s’il est un phénomène qui ne m’a pas échappé, c’est celui qui veut que, dans de nombreuses oeuvres de fiction, on parte du principe assez répugnant que le consentement et le respect de l’autre sont… Comment dire… Inutiles. C’est ça, inutiles. Je ne parle pas nécessairement de viol ou d’une relation malsaine à la base. Mettons que deux personnages s’aiment. Ils sont amis. La femme veut coucher avec l’homme. Ce dernier n’est pas intéressé, pour des raisons qui lui sont propres. A force d’insister, la femme finit par pousser le mec sur le lit et le chevauche en silence jusqu’à l’orgasme… J’ai lu une scène de ce genre il y a peu dans un livre que je ne nommerai pas (et que j’ai adoré en dépit de ce passage). Et elle m’a choqué. Parce que ce que certains vont trouver ‘hot’ sous prétexte qu’une femme le perpètre, le bon sens le condamnerait si la victime était justement de sexe féminin. Soyons clairs : il y a une injustice dans le traitement des femmes et des hommes dans la littérature et ça ne date pas d’hier. On se dit qu’une femme ne peut pas commettre d’atrocités, mais on prétend aussi que dans les relations gays et lesbiennes, il y a nécessairement une notion de dominance quasi-prédatrice.

Je reconnais qu’ayant moi-même vécu ma part de saletés, je ne suis peut-être pas très objectif.

Pour autant, je suis également certain d’une chose : si je devais apprendre la notion de consentement et de respect à quelqu’un, ça ne serait certainement pas en commençant par « tu es une femme donc tu as tous les droits » ou « tu es un homme donc tu seras un prédateur » ou pire « tu es gay donc tu dois être actif/passif et te conformer à des normes ».

Je m’explique : l’amour, le sexe, c’est avant tout une question de respect. On dit à l’autre qu’on le comprend et qu’on accepte ses oui comme ses non. On lui reconnaît le droit de ne pas aimer certaines choses. On admet que l’autre puisse avoir la migraine ce soir là. Parce que c’est important. C’est même essentiel.

Mais alors ? Est-ce que mon personnage est un porc ?

Peut-être et si tel est le cas, c’est à vous de faire ressortir le fait que « eh, ce que ce personnage fait, c’est mal ». Pas en martelant le message dans la tête du lecteur – qui n’est pas idiot, merci bien – mais en glissant des réactions, des pensées dans votre texte. Pour ça, j’avoue que Marlene Jones, qui n’est pas seulement une amie mais aussi un auteur que je publie et que j’estime, est très douée. Elle ne dit pas « c’est bien » ou « c’est mal » mais elle laisse le lecteur se faire son idée de la chose et en même temps, elle sait très bien où elle veut en venir. Pour ma part, je suis peut-être un peu plus cru dans ce que j’écris et mes personnages sont peut-être aussi un peu plus sûrs de ce qu’ils veulent. Ce n’est ni mieux ni pire. Mais le fait est que si votre personnage a un comportement toxique, vous êtes le seul en mesure de faire en sorte que le message passe ou non. Le lecteur se fera son idée, mais c’est aussi à vous de l’aiguiller sur la piste voulue.

« Une femme ne peut pas violer ».

Celle-là, je l’ai entendue plus d’une fois et elle m’a toujours donné des envies de meurtre. Mettons les choses au point. Plongeons dans le chaudron et remuons le gouda tout chaud : chaque être humain est capable du pire, peu importe le genre. Une femme peut battre.  Une femme peut tuer. Une femme peut violer. Il y a peut-être moins de témoignages de victimes parce que les victimes ont peur et honte, mais il y en a. Peu importe le genre, un prédateur est un prédateur. Un monstre est un monstre.

Je ne prétend pas que mes ouvrages soient paroles d’évangile. Je ne prétend pas non plus être un grand auteur. Mais j’ai vocation d’aider et éduquer si je le peux. Et si par ce petit article, j’ai pu vous faire repenser certaines de vos certitudes… Alors tant mieux.

Comme toujours, jouez gentiment.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

BDSM : Un monde de règles

 

Publicités

Dangereusement Heureux – Pénétration manuelle avec protection de latex et consentement oral

EXTRAIT
Dangereusement Heureux

Auteur : Varian Krylov
Éditions : Auto-édition

Je ne lui dis pas non, même si rien que l’idée me paraissait franchement horrible. Clinique, anatomique, invasive et un peu sadique. Je ne sais pas ce que j’avais imaginé que nous pourrions faire au lit ensemble, excepté peut-être se masturber mutuellement et, éventuellement – j’avais fantasmé dessus et étais presque certain que j’aurais aimé – le baiser, mais être pénétré de cette manière ne m’avait même pas effleuré et, tout à coup, mon corps devint rigide, prêt à se défendre avant même qu’il n’ait touché un seul muscle.

Il se rallongea très lentement, mais pas complètement sur moi, juste pour murmurer à mon oreille.

— Me fais-tu confiance ?

Je croassai un faible « oui », comme si un serpent s’était enroulé autour de ma gorge et serrait ses anneaux, essayant de m’étouffer progressivement.

— Ce n’est pas une question pour ton cerveau, Aidan. C’est une question pour ton cœur. Tu y as pensé et tu as dit « oui ». Mais que ressens-tu ? Peux-tu me faire confiance ?

J’essayai d’oublier l’image d’une main gantée de latex qui sondait ma cavité anale pour revenir à nous, à cette chambre chaleureuse, à ce que j’avais ressenti lorsqu’il m’embrassait, me touchait et me regardait.

— Oui.

— Alors, je vais faire très attention à ne pas gâcher cette confiance.

— D’accord, dis-je.

Extrait soumis par : Kate Lyna.

BDSM : Un monde de règles

 tumblr_miac73WFrn1qf5lb4o1_500

BDSM = Règles

Ceci est un article de Jason Crow.

BDSM ? Parlons-en… en 50 nuances.

En tant qu’auteur et parce que je pratique le BDSM, je dois admettre que je n’aime pas 50 Nuances de Grey. Je me souviens avoir lu des passages qui me faisaient froid dans le dos, parce que Christian Grey, aussi bellâtre soit-il, passe pour un pervers narcissique et Anastasia pour une Mary-Sue en puissance. La combinaison de ces deux personnages donne naissance à quelque chose de malsain, de tordu, quelque chose qui n’a rien à voir avec le vrai BDSM. On pourrait arguer qu’Anastasia finit par dire oui ou qu’elle dit oui puis change d’avis… Peu importe. Du moment qu’il y a une notion de refus catégorique, du moment qu’une personne vous dit « non » ou « stop », vous devez arrêter. Même si votre partenaire vous demande de le traiter d’esclave ou de chien pendant l’amour, tout est avant tout affaire de consentement et de respect. Et malheureusement, c’est une nuance qu’on ne retrouve plus réellement dans nombre d’ouvrages. Les soumis sont représentés comme naïfs et méritant d’être violés et les maîtres abusent de leur pouvoir. C’est dommage, car quand les choses sont bien faites, le BDSM est avant tout un jeu des plus plaisants, si on aime   pimenter sa vie sexuelle.

Vos personnages ont-ils envie de tenter le BDSM ?

En tant qu’auteur, je dirais qu’il est important de savoir respecter ses personnages. Je m’explique : vos personnages, vous leur avez donné une part de votre coeur. Vous avez mis vos tripes et votre sang dans leur création, tant et si bien qu’ils ont fini par devenir plus humains, plus réalistes, pour le meilleur et pour le pire. Mais si vous commencez à leur imposer quelque chose qu’ils ne veulent pas, vous souffrirez à coup sûr d’un bloquage aussi étourdissant que déplaisant. Votre texte vous paraîtra faux, sans saveur. Parce que votre muse vous aura quitté, vous cesserez d’aimer vos écrits. Un personnage de fiction, c’est avant tout un doux trésor, et une personne. Peu importe qu’il soit fictif. Vous lui avez donné une vie. Peut-être pas une vie réelle, mais une vie, oui. Et vous devez lui montrer que vous le respectez. Respecter son personnage, c’est aussi se respecter soi-même d’ailleurs : vous ne voudriez pas être forcé de faire quelque chose qui ne vous plaît pas. Et c’est votre droit. Donc, avant de vous lancer dans la rédaction d’un manuscrit traitant du BDSM, demandez-vous si ces pratiques sont faites pour vos personnages.

Un monde de règles.

Le BDSM, c’est avant tout un monde de règles. Le maître et le soumis ont un rapport étonnant, un rapport de respect, de tolérance, de repousse des limites. Le maître enseigne, le maître apprend, le maître joue, le maître comprend. Le soumis reçoit, le soumis enseigne et apprend, le soumis respecte. Je synthétise mais c’est un peu l’idée. Le maître et le soumis établissent une relation qui va au-delà de ce qu’on peut imaginer parce qu’ils fixent leurs propres limites. Combien de coups de cravache ? Roulette à picots, plug électro ? Jouets ou non ? D’ailleurs, il n’y a pas de ‘mode d’emploi’ en fait. Il y a ceux qui aiment le BDSM hardcore et ceux qui préfèrent le soft BDSM. Tout dépend. Personnellement, j’aime être un maître hard. Mon fiancé est un maître soft et traite son soumis avec une infinie douceur. Mon premier soumis était adepte des pratiques les plus extrêmes. D’autres vous diront ‘stop’ au bout d’un coup de fouet. En admettant qu’ils passent par la case coup de fouet. La première règle ? Respecter l’autre. Etablir les règles dès le départ, avant la première séance. Pas question de s’engager dans quelque chose qui pourrait vous blesser, vous ou votre partenaire.

Mais comment savoir si mon personnage a envie de tenter le BDSM ?

Laissez-le s’exprimer. Oui, c’est complètement schizophrénique comme notion, mais votre personnage vous dira lui-même ce qu’il veut. Je pense aux personnages de Marlene Jones, une amie auteur. Ils aiment le BDSM et elle aime ses personnages. Alors elle leur donne ce qu’ils veulent et ils adorent ça. Parce qu’ils se sentent libres. Parce que tout ce qu’ils ont pu traverser avant a un sens. Parce qu’ils savent qu’ils sont respectés, aimés.

Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.

On l’a tous entendu ce vieil adage et c’est vrai : ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. Si certaines pratiques vous semblent trop extrêmes, trop violentes, ne les pratiquez pas. Personne n’a le droit de vous y forcer de toute façon. Qu’il s’agisse de vos personnages ou de la façon dont vous vous comportez dans la vie réelle, il est important que vous sachiez vous respecter autant que vous respectez l’autre. Par exemple : ce qui fait de 50 Nuances un texte aussi faux qu’aberrant de sottise, c’est le fait que les personnages sont creux, sans passion, sans charme. Mais un personnage qui aime ce qu’il fait, un personnage qui vit, qui a des défauts, des qualités, un personnage qui apprend et comprend, c’est magnifique.  Cela dit, nos personnages ne savent pas toujours ce qui est bon pour eux. La sodomie sans préparation, c’est dangereux ? Oui. Le sexe sans capote, c’est dangereux ? Oui. Le BDSM sans règles et sans limites, c’est dangereux ?

Vous n’imaginez même pas.

Prenons un exemple tout bête : les crochets. Vous suspendez votre soumis et lui accrochez, à sa demande, des poids aux tétons. Le soumis aime et au début tout se passe bien, jusqu’à ce que le soumis en demande plus, toujours plus. Vous commencez à vous inquiéter. Le soumis vous assure que tout ira bien.

Et un séjour gratuit à l’hôpital, un !

Le BDSM, c’est plus exotique.

Oui, c’est vrai, le BDSM (dans les livres comme dans la vraie vie) c’est plus exotique que le vanilla sex. Mais ce n’est pas pour autant que vous devez vous lancer tête baissée dans quelque chose que vous ne connaissez pas. Avant d’écrire sur le BDSM, renseignez-vous, informez-vous. Et vous vous rendrez compte que le vanilla sex, bien fait, a du bon aussi. L’important dans le sexe, c’est de savoir ce qui nous fait du bien. On s’en fiche que ça soit vanilla ou rough. Ce qui est important, c’est de prendre son pied et de rendre l’autre heureux.

Conclusion :

Faites vos recherches. Tentez. Ecrivez. Mais avec prudence.

Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Transgender sign

Trans Men : fiction vs réalité

 

Body fluids : homme trans vs règles

Sherlock Holmes couverture

Les règles ne sont pas un tabou

Ceci est un article de Jason Crow.

Il y a encore quelques dizaines d’années, les règles étaient un tabou.

Et encore maintenant, il est assez difficile d’en parler sans s’attirer des regards écoeurés de la part de votre interlocuteur. Bien sûr, ce n’est pas exactement un sujet qu’on a envie d’aborder entre l’entrée et le dessert, les règles ça n’a rien de glamour ni de plaisant, mais le fait est qu’il n’y a rien de plus naturel. Le corps humain fait son travail, point. Le problème, c’est que quand on est un homme transsexuel, c’est aussi un rappel à l’ordre constant. Tu es une femme !, te crie ton corps. Et l’homme trans de se dire « flûte ». Bon, dans le cas où l’homme trans en question prend de la testostérone, tout va bien, pas de problème. Normalement, les règles disparaissent toutes seules. La pilule en continu, pour ceux qui ne peuvent pas prendre de T, peut aider aussi. Mais le fait est qu’il y a des trans qui n’ont accès à rien de tout ça et qui se retrouvent complètement déprimés et à la limite du suicide quand Miss Scarlet débarque.

Difficile de s’identifier aux personnages de fiction…

Dans les livres, on parle peu de règles, de fluides corporels en général. Enfin si, on parle de semence, de sueur… Mais les règles ? Jamais. Et ça, c’est un peu dommage quand on sait que nombre de jeunes trans et gays se découvrent via les livres. Après, bien sûr, il n’est pas question d’entrer dans les détails. Les règles, ça peut être franchement crade. Mais, rien que de les mentionner, de dire « Sherlock se sentait nauséeux. Sale. Mal. Il avait l’impression que son corps le trahissait » ou quelque chose du genre (Sherlock, c’est le petit personnage sur l’illustration de cet article, un transsexuel qui ne peut pas prendre d’hormones), bah… ça renvoie au fait que oui, les règles, c’est naturel, même si c’est pénible. Dans le cas de Sherlock, il a ses règles, il met des tampons et ça lui arrive même de prendre trois douches par jour parce qu’il se sent franchement sale. Après, Sherlock n’est pas nécessairement un modèle, mais il est basé sur une expérience de vie réelle et sa réaction est celle de son auteur. Cela dit, il faut aussi bien noter que les règles, c’est quelque chose de naturel, que ça ne dure pas éternellement et qu’il faut faire avec, même si c’est dur.

Le saviez-vous ?

Disney, qui paraît pourtant un peu guindé, a, en 1946, réalisé un petit cartoon sur les règles qui expliquait non seulement très bien comment fonctionne le corps humain mais aussi comment gérer ses règles. Certes, certains sujets mériteraient une mise à jour mais ça aide à se rappeler qu’il n’y a rien d’anormal dans tout ça et qu’en fait, en parler, ne serait-ce qu’à un médecin, ça peut aider.

Comment survivre aux règles quand on est trans ?

Pour savoir comment votre personnage réagirait face à ses propres règles, ne cherchez pas à vous mettre dans sa tête. Laissez-le s’exprimer. Cela peut sembler un peu schizophrénique mais c’est nécessaire. Lisez des témoignages de trans, renseignez-vous, posez des questions. Votre personnage fera le reste et décidera lui-même de ce qu’il veut faire ou dire.

Pourquoi en parler ?

Encore une fois, nombre de jeunes s’identifient à leurs personnages préférés et apprennent à mieux vivre leur sexualité par le biais de la fiction. Avoir ses règles quand on s’identifie comme un homme, c’est très dur à vivre. Alors savoir que son héros préféré a le même problème, ça fait du bien. De plus, il est temps de casser les vieux tabous. Avoir ses règles n’est pas un crime.

Conseils aux jeunes trans :

Prenez une pilule adaptée à votre métabolisme. Parlez avec votre docteur, n’hésitez pas à poser des questions, à vous renseigner. Il n’y a aucune honte à avoir des questions. Et si vous avez peur des odeurs, des fuites, d’un ‘paquet’, mettez des tampons (en choisissant quelque chose d’adapté à votre flux menstruel). Demandez l’aide de votre maman ou de votre soeur si vous n’y arrivez pas tout seul. Encore une fois, ça n’est pas une honte. Ensuite, rappelez-vous que vos règles ne durent que quelques jours et ne sont là qu’une fois par mois. Si vous vous sentez vraiment mal au niveau moral, parlez. A un ami, sur un blog, à un parent… Parlez.

 

Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Transgender sign

Trans Men : fiction vs réalité

 

Yaoi : Briser les vieux clichés

Sex-Pistols-yaoi-13414085-500-281

Yaoi =/= Guide du sexe

Ceci est un article de Jason Crow.

Nombre de jeunes gays découvrent le sexe via les yaoi

Avant de commencer cet article, je voudrais préciser quelque chose : j’aime les yaoi. Les yaoi bien écrits, bien dessinés, m’attirent toujours autant que quand j’étais ado. Mon préféré ? Maiden Rose. Ceux que j’aime le moins ? Junjou Romantica et Sekaiichi Hatsukoi. Pourquoi ? Parce que Maiden Rose, en plus d’avoir une histoire originale, ne dépeint pas le viol comme quelque chose de romancé. Ce qui arrive à Taki est clairement montré comme quelque chose de mal et Klaus finit par comprendre – avec horreur – qu’il s’est conduit comme un porc. Les deux hommes s’aiment, oui, mais ça n’excuse pas tout. Ce n’est pas parce qu’on aime quelqu’un qu’on lui doit notre corps et notre âme. Un être humain n’est pas un objet dont on peut disposer sans se soucier des conséquences. Votre partenaire ne vous appartient pas. Seulement, dans nombre de yaoi (attention, je suis auteur de yaoi entre autres choses et je ne considère pas le yaoi comme une tare en soi, c’est juste les messages qui me hérissent un peu le poil), on retrouve quelques vieux clichés plutôt dangereux.

  1. Le viol c’est de l’amour.
  2. Le viol, c’est du BDSM.
  3. Non veut dire oui.
  4. Le sexe sans préparation aucune n’est pas dangereux.
  5. La capote ? C’est pour les idiots.

Prenons Sekaiichi Hatsukoi. Un personnage en viole un autre. Le sexe ? No condoms, no preparation. Tout ça présenté sur fond de romance et de musique douce. Je n’ai rien contre l’auteur mais c’est quelque chose qu’on retrouve dans la plupart de ses livres et ça me dérange d’autant plus que nombre d’adolescents gays découvrent le sexe via les yaoi et beaucoup de jeunes filles partent du principe qu’elles sont des alliées de la communauté LGBT parce qu’elles lisent/dessinent du yaoi. La plupart du temps pourtant, elles ont une vision absolument terrifiante des gays. J’ai déjà entendu des choses telles que ‘tu top ou tu bottom’ ou ‘un mec qui dit non pendant l’amour c’est sexy’.

Euh… Non.

Parlons d’un incident survenu il y a peu à une convention où se trouvait le cast de la série Gotham. Des fans, adeptes de fanfiction gay et de yaoi, sont allées voir Robin Lord Taylor, l’acteur gay qui joue Oswald Cobblepot et qui est connu pour être extrêmement timide et anxieux et elles lui ont demandé de signer une photo sur laquelle était marqué le mot « Nygmopowerbottom ». Pour ceux qui l’ignorent, Nygmobblepot est le nom du pairing Nygma/Cobblepot. Oswald et Edward. C’est mignon. Ce qui est moins mignon, c’est le coup du powerbottom qui fait référence à quelque chose de très sexuel.

Soyons clairs : que les gens aient des fantasmes, c’est une chose. Mais qu’ils les montrent à un acteur qu’ils savent mal à l’aise en public et qui est très pudique quant à sa vie privée avec son mari ? Nope. Ca ne se fait pas. Et elles trouvent que c’est normal parce que dans les yaoi et les fanfictions, ça marche comme ça.

Et pour revenir aux jeunes gays qui découvrent le sexe dans les yaoi…

Ok, ces filles étaient peut-être juste très mal élevées. Je suis d’accord. Mais ça reste perturbant parce qu’elles justifient leurs actions en disant que dans les livres c’est normal. Et elles ne sont pas les seules à penser ainsi : des jeunes gays découvrent le sexe dans les yaoi, je l’ai dit plus haut. Or, dans les yaoi :

  1. Pas de préparation ou peu
  2. Pas de nettoyage
  3. Pas de préservatifs

Il y a comme qui dirait un petit souci. Je l’ai déjà dit dans un précédent article, c’est un coup à se retrouver avec des choses pas très propres et du sang sur soi et quelqu’un sera blessé. Soyons clairs : un anus ne se lubrifie pas tout seul. Un anus est fragile. Une prostate est fragile. Un anus peut se déchirer. Un anus, ce n’est pas propre.

Et accessoirement, quand quelqu’un dit ‘non’ ou ‘stop’, il est temps d’arrêter. Ce n’est pas sexy. Le viol n’est pas sexy. Une tentative de viol n’est pas sexy. Si votre partenaire vous dit qu’il ne veut pas, qu’il n’aime pas ce que vous êtes en train de lui faire, arrêtez.

Silence =/= Consent 

Il arrive que la victime se freeze complètement et soit incapable de bouger, de parler, de réagir. Dans les yaoi, on retrouve parfois cette notion et le violeur s’en sert pour dire  » tu n’avais qu’à dire non ». Victim blaming, much ? Le silence n’est pas une preuve de consentement.

Erection =/= Consent

De la même façon qu’une femme peut jouir pendant un viol (ce qui rend l’expérience encore plus traumatisante), un homme peut avoir une érection et même une éjaculation pendant un viol. Une réaction physique n’est pas une preuve de consentement. La seule preuve de consentement qui ait une réelle importance, c’est celle que vous donne votre partenaire, un ‘oui’ franc et net, un ‘je suis d’accord avec ce que nous allons faire’.

Petit conseil

Il n’y a aucune honte à demander à votre partenaire s’il souhaite faire l’amour ou s’il veut seulement se limiter à quelques caresses, peut être une petite fellation. Et il n’y a aucun mal à être prudent. Demandez à votre partenaire comment il se sent pendant l’acte. Communiquez. Je sais, je sais, dans les yaoi, il est rare que le ‘dominant’ (les rôles peuvent s’inverser de temps en temps, un actif peut faire le passif et vice-versa) se montre aussi prudent. Mais vous n’êtes pas un personnage de manga. Alors prudence. Et par pitié, ne croyez pas qu’un anus s’élargit au fur et à mesure des rapports. Votre anus retrouvera toujours son étroitesse originale au bout du compte. C’est une barrière de muscles très fragile. Alors dooooucement cow-boy. On n’est pas au rodéo.

Oh et en ce qui concerne le lubrifiant ? La salive n’est PAS un lubrifiant. Voilà. Rien ne vaut le bon vieux lubrifiant classique, même si c’est cher. Quand j’étais jeune, j’ai tenté l’huile d’olive. Oui ? Bah ça fait mal et c’est très con. Et pitié, pitié, si vous n’êtes pas sûr que votre partenaire soit clean, utilisez un préservatif. Quant au nettoyage, ça ne prend pas longtemps et ça rend tout beaucoup plus agréable.

En conclusion

Un yaoi n’est pas un guide du sexe. Un yaoi est une oeuvre de fiction et comme toute oeuvre de fiction, un yaoi peut être franchement peu réaliste. Est-ce qu’un yaoi est une mauvaise chose ? Non. Loin de là. Mais un yaoi n’est pas la vraie vie.

Renseignez-vous. Posez des questions. Soyez prudents.

Et… Enjoy !


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Un exemple de Dark romance réussi : In These Words

 

Age of consent =/= consent

eaf184e81e2e1e80b54489033deb9b9b

Ou l’importance de définir la limite entre fiction et réel

Ceci est un article de Jason Crow.

En France, l’âge de consentement légal pour un mineur est de 15 ans. Au Japon, 13 ans. En Amérique, entre 16 et 18 selon les États. L’âge de consentement légal pour un mineur varie selon les pays et les mœurs et on ressent, dans certaines culture, une certaine pudibonderie à l’idée même qu’un ado de quinze ans puisse avoir des hormones. En Amérique par exemple, on est choqué par les âges de consentement français et japonais. Et les YAOI où figurent de jeunes ados font scandale dans le monde entier. Prenons Boku no Pico par exemple. Oui, je l’ai regardé, par curiosité et j’en suis ressorti un peu… marqué, dirons-nous, peut-être parce qu’un gamin de dix-quatorze ans n’a rien, mais alors rien à faire avec un adulte d’une vingtaine d’années dans une position sexuelle et qu’il est clairement suggéré que Pico ne sait pas ce qu’il fait dès le début de l’anime. Il le sait après bien sûr, il devient même un peu dévergondé, mais au début, non. Et c’est ça mon problème majeur avec certains manga et YAOI : qu’un ado soit en âge de faire l’amour, c’est une chose. Bon, dans le cas de Pico, on dirait qu’il a dix ans. Mais on va dire qu’il en a quatorze.

Bref. Prenons un manga shota classique. Généralement, un jeune – très jeune – ado rencontre un adulte. Ils font l’amour, l’ado ne comprend pas ce qu’il se passe mais il aime ça alors il en redemande. Tout comme le vieux cliché du « le viol c’est de l’amour », cette représentation quelque peu perverse des enfants a tendance à me hérisser le poil. Encore une fois, qu’un ado soit en âge de faire l’amour c’est une chose mais ça ne veut pas dire qu’il en a nécessairement envie ou qu’il sait comment ça fonctionne et surtout, il n’est pas sensé le découvrir entre les bras d’un adulte qui lui, sait clairement ce qu’il fait et que si ils se font attraper, il finira en prison.

Bon, après, il y a des ados qui ont réellement des relations avec des adultes me direz-vous. Mais c’est là que la limite du bon sens intervient : normalement, l’adulte doit dire « NON ».

Or, dans les manga type shotacon (je crois que c’est le bon terme ?), l’adulte provoque, l’adulte est content et le gamin… Le gamin finit par se dire que tout est normal.

Aujourd’hui, une personne m’a dit qu’il avait été abusé sexuellement par un pédophile qui adorait ce genre de manga et qui lui disait sans arrêt que tout était normal. Bah oui ! C’est comme ça dans les livres.

Personnellement, ça m’arrive d’écrire des romans montrant deux ados ensemble ou un ado de seize ou dix-sept ans avec un adulte. Mais JAMAIS dans une position sexuelle. Et surtout, surtout, il y a la notion de consentement. Prenons le cas de Levi par exemple. Levi a été violé par un homme qui lui a fait croire que ce qu’il lui faisait était du BDSM et que c’était normal, que c’était de l’amour. Venu faire les prélèvements pour un kit de viol, Haise (vingt ans), s’occupe du garçon de seize ans. Plus tard, en parlant avec lui, il s’attache à lui et finit par en tomber amoureux. Mais Levi aussi est amoureux. Et il est clair qu’ils ne coucheront pas ensemble avant que Levi soit majeur, tout simplement parce que, même s’il a la majorité sexuelle, Levi n’est pas prêt mentalement pour une relation sexuelle. Il est dans une relation amoureuse polygame avec Haise et son compagnon, Robin (trente et un ans), parce qu’il a envie d’être avec eux, mais il ne couche pas avec eux. Il pourrait. L’âge de consentement en France le permet. Mais il n’est pas prêt.

Je ne dis pas que tous nos personnages adolescents doivent rester vierges jusqu’au mariage. Je ne dis pas non plus qu’ils doivent sauter sur tout ce qui bouge. Je dis que si vous les mettez dans une position sexuelle avec quelqu’un, il faut préserver les ados du monde réel et faire en sorte qu’ils comprennent que ce qu’il y a dans les livres n’est pas parole d’Evangile.  Par exemple, Boku no Pico est l’archétype de la source matérielle vers laquelle les pédophiles se dirigent quand ils veulent convaincre un jeune de coucher avec eux.

Il n’y a rien de mal à imaginer deux personnages consentants en train de se faire plaisir. Loin de là. Mais gardons bien en mémoire ceci : l’âge de consentement n’équivaut pas à une preuve de consentement.

Je sais que vous le savez. Si vous lisez cet article, c’est que vous vous renseignez sur le safe sex. Et vous êtes peut-être parent.

Bon courage, soldat.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Transgender sign

Trans Men : fiction vs réalité

 

Trans Men : fiction vs réalité

Transgender sign

Safe sex pour tout le monde !

Ceci est un article de Jason Crow.

Je l’ai déjà dit dans un précédent article, je suis un auteur gay, en couple avec deux hommes. L’un d’eux est cis (s’identifie à son genre de naissance) et bisexuel et l’autre est trans et gay. Et c’est de celui là dont je vais parler aujourd’hui et, de manière plus générale, du sexe avec un homme transsexuel. Fiction vs réalité. Alors bien sûr, je ne suis pas là pour vous apprendre à écrire. Je suis auteur, pas professeur de littérature et je n’aurai jamais la prétention de dire à quiconque comment il/elle doit écrire son livre. Mais le fait est que dans le monde merveilleux de la fiction, on a un peu trop tendance à s’imaginer que tout est rose ou complètement hardcore, dépendant de nos propres fantasmes et, qu’au lieu de se renseigner auprès des personnes concernées, on a tous une fâcheuse tendance à écrire de grosses bêtises. Attention ! Cela ne fait pas de vous un homophobe, un transphobe ou je ne sais quoi. En fait, je pense que la plupart des gens qui écrivent de la littérature gay se considèrent comme des alliés de la communauté LGBTQ et ça, c’est très bien.

LGBTQ_Rt_Col

Cela dit, en ce qui concerne le sexe, il faut savoir qu’un trans n’aura pas de rapports sexuels de la même façon qu’un homme cis. Pourquoi ? Eh bien, pour parler crument, pour une question d’outillage d’abord. Un homme trans :

  1. Ne prend pas nécessairement de testostérone et ne souhaite pas forcément se faire opérer.
  2. Peut subir deux sortes d’opérations différentes: une qui retire les tissus entourant le clitoris et permet ainsi de le faire paraître plus gros et une qui crée un ‘faux pénis’ autour du clitoris à l’aide d’une greffe de tissus prélevés sur une autre partie du corps.

De plus, il faut savoir que tous les hommes transsexuels n’ont pas nécessairement un pénis de plusieurs centimètres de long. Il y en a qui ont un néo pénis, c’est à dire un macro clitoris. Tous les hommes transsexuels ne se font pas opérer au niveau de la poitrine, certains choisissent de s’occuper de leurs seins mais pas du bas, etc… Bref, un homme trans n’en est pas un autre. Et contrairement à ce que l’on peut croire, tous les hommes trans ne sont pas malheureux dans leur corps féminin. Ils ne sont pas à l’aise, certes, mais malheureux ? Les cas de dysphoria pure et dure ne sont pas si fréquents que ça. Et à dire vrai, je ne le souhaite à personne. Avoir envie de s’arracher la peau, de sortir de son corps, ça n’est plaisant pour personne.

Edward, mon petit ami, est transsexuel et souhaite se faire opérer au niveau des seins et prendre de la testostérone. D’autres iront jusqu’à se faire opérer pour avoir un pénis. D’autres encore ne se feront jamais opérer et pour finir, certains n’auront même jamais l’occasion de faire leur coming out.

Mais quid du sexe ? Ah, le sexe. Vaste question que le sexe. On se demande toujours si l’herbe est plus verte dans le pré du voisin, n’est-ce pas ? Et c’est normal d’être curieux. C’est normal de vouloir plus de diversité dans nos livres, nos séries ? Hell, j’aimerais bien voir un Batman transsexuel moi ! Mais un Batman transsexuel… réaliste.

Un de mes personnages, Robyn, que j’ai créé pour Edward et qui apparaît dans O Death, aime le sexe anal. Il ne supporte pas qu’on touche à son vagin, qui lui rappelle trop qu’il n’est pas un homme biologiquement parlant. Un autre de mes personnages, Sherlock, est asexuel. Son petit ami, Algernon, est très porté sur la chose mais Sherlock a horreur de ça. Pareil pour Jonathan Miloslaw, qui lui aussi est transsexuel mais n’aime pas le sexe pour des raisons personnelles.

babies!4

Et comment ça marche, me demandez-vous ?

Comme je l’ai dit plus haut, certains aiment le sexe anal. Mais bon, sans prostate, difficile de réellement prendre son pied comme ça pour certains hommes trans, n’est-ce pas ?

Alors que faire ? Eh bien… Il existe un petit bouton merveilleux appelé ‘Clitoris’. Oui, devenu plus gros, il est plus sensible. Mais il réagit toujours aussi bien aux caresses affectueuses d’un partenaire aimant. Et puis, il y a plein de façons de faire plaisir à quelqu’un sans forcément pénétrer la personne. Et encore une fois, être trans et gay ne veut pas dire qu’on aime le sexe. Certains détestent ça, d’autres adorent… You do you !

Cela dit, si vous choisissez la route du sexe anal pour vos personnages ou en réalité, soyez prudents : oui ça fait mal et mal fait, ça peut être très crade. Pourquoi ? Parce qu’un anus n’est pas un vagin et ne se ‘nettoie’ pas tout seul. Alors. Hygiène. Prudence. Safe sex pour tout le monde.

Le sexe, c’est un jeu.

Et comme dans tous les jeux, il faut parfois savoir jouer gentiment.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Why Safe Sex