Écrire du BDSM en respectant les règles de sécurité 1/2

Merci à Clarissa Rivière de son accord pour publier ici son article, pour aider les auteurs à savoir comment aborder le BDSM dans leurs romans de manière safe.

.

Par Clarissa Rivière

Mercredi dernier, j’ai participé au dîner-débat mensuel de l’association PariS-M sur le thème de la sécurité :

« En Mai, fais ce qu’il te Play… mais fais le bien !!!!!
Des Jeux de toutes sortes, oui, oh oui !!!
Mais comment faire ? Comment jouer en sécurité et sainement ? »

     C’était passionnant, une dominatrice expérimentée et un médecin sont intervenus et ont répondu à toutes les questions. J’ai pris quelques notes, pour vous concocter un article sérieux, pour une fois !

***

    Les pratiques bdsm sont avant tout des jeux consensuels, négociés, sains et sûrs, entre adultes consentants. Avant une séance, bien parler avec son partenaire, instaurer un climat de confiance, prévoir un safeword pour tout arrêter.

Il existe quatre niveaux de jeu :

— Les jeux à peine SM, pour pimenter les ébats : fessées, pincements, mordillements… sans scénario, ni accessoires.

— Les jeux SM léger : on utilise des liens, des pinces, il y a des contraintes, des scénarios basiques du type « punition » …

— Les jeux SM moyen/classique : les scénarios se complexifient : maître/esclave, on utilise plus d’instruments, des pratiques insolites font leur apparition : bougies, orties, tierce personne, humiliations, uro…

— Les jeux SM hard ou SM limite : le sang peut couler, pratiques d’étouffement, de noyade, marquage, électricité, scatologie, zoophilie (attention, illégal en France et dans de nombreux pays)…

 

Il y a des règles de sécurité et d’hygiène à respecter selon les pratiques :

     Les jeux d’impact (martinet, cravache, fouet…)

— Éviter de frapper les reins, le visage, les yeux en particulier.
— Désinfecter la peau du soumis ou de la soumise ensuite en cas de plaies visibles
— Bien se laver les mains avant de jouer avec un autre partenaire. Les solutions hydroalcooliques ne suffisent pas, il faut se laver les mains avec de l’eau et du savon en cas de contact intime et présence de sécrétions et/ou souillures sur la peau.
— Désinfecter ses instruments entre deux partenaires. Il existe des sprays prévus spécialement (on peut même les mettre à tremper dans des solutions antiseptiques quand le matériel le permet et qu’il a été introduit dans des cavités anatomiques. Penser à les utiliser avec un préservatif quand c’est possible).
— Attention, le fouet peut couper. Certains changent le cracker de leur fouet à chaque partenaire.
— Ne pas frapper une peau lésée, car une blessure, même petite, est une porte d’entrée pour les germes.
— Attention aux coups de poings ou de pieds dans les parties génitales, risque de lésions importantes, dont éclatement des testicules.
— Gants de Dracula (gants hérissés de piquants) : usage unique pour une seule personne, car ça se lave difficilement.

Attention aux objets que l’on se prête et aux accessoires que les clubs mettent parfois à disposition : on ne sait pas comment ils ont été utilisés avant et s’ils ont été nettoyés.

Le BDSM peut être bucolique parfois, se dérouler en forêt par exemple. Se méfier des blessures liées aux végétaux, il y a un risque d’infection, surtout avec des branchages ramassés au ras du sol pouvant être souillés par des animaux sauvages. Choisir des végétaux en hauteur, bien désinfecter les plaies superficielles, et ne pas hésiter à aller aux urgences en cas de blessure à l’œil.

Vérifier une éventuelle allergie pour l’usage des orties par exemple, en testant sur une petite zone, attendre au moins 10 minutes pour voir s’il y a une réaction.

    Le shibari

— Éviter le nerf radial (sous l’aisselle principalement), qui peut occasionner des paralysies passagères d’une partie du bras.
— Éviter les articulations (risque de compression plus important).
— Vérifier la tension des cordes, on doit toujours pouvoir glisser un doigt sous les cordes.
— Prévoir des ciseaux – ou un coupe corde – non loin pour tout couper très vite en cas de soucis.

Pour désinfecter les cordes après une séance, on peut les passer à la flamme, ou les laver (certains utilisent même le lave-linge).

    Les bougies

— Éviter les bougies à la cire d’abeille, elles sont trop chaudes.
— Tester sur sa peau avant.
— Prévoir de l’eau fraiche, des glaçons non loin.

Installer une bâche pour ne pas salir le sol.
Rajouter un masque sur les yeux, pour plus de sensations et éviter les brûlures.
Attention aux bougies rouges, elles peuvent laisser du colorant sur la peau.

    Les jeux d’aiguille

— Contrairement aux apparences, ils sont peu douloureux, car les aiguilles sont fines et très pointues
— Bien laver la zone de jeux avec de la Biseptine ou de la Bétadine avant.
— Mettre des gants stériles type chirurgicaux, mais il faut savoir les mettre car dès qu’on les touche, ils ne sont plus stériles.
— Planter les aiguilles horizontalement et relativement superficiellement pour éviter de toucher des nerfs ou des vaisseaux avec un risque de saignement plus important.

    Les jeux électriques

— Éviter toute la partie haute, au-dessus de la ceinture (présence du cœur) pour les dispositifs puissants et pas forcément adaptés.
— L’électro stimulation type « Violet Wand » est plus douce, offre des picotements légers, aucun souci pour en faire sur tout le corps.

    Le fist

— Utiliser du lubrifiant.
— Éviter de le faire à main nue, sauf si on connaît très bien son partenaire d’un point de vue sérologique, mais il y a toujours un risque infectieux, si un des deux partenaires a des plaies. Le port des gants est conseillé.
— Prendre tout son temps, y aller progressivement, ne jamais forcer, pour ne pas blesser.
— Et bien sûr se laver soigneusement les mains après les jeux… même si on a porté des gants !

Attention aux médicaments type Microlax qui peuvent irriter la muqueuse lors d’une utilisation répétée.

Insérer des objets dans l’anus n’est pas sans risque. Les urgences regorgent d’anecdotes : des personnes viennent avec des objets qu’elles n’arrivent plus à retirer et inventent des histoires pas possibles. Il faut parfois opérer hélas.

Une fois que l’objet a passé la barrière d’un sphincter, le sphincter se referme, l’objet ne peut plus revenir en arrière, on a l’impression que l’objet est attiré à l’intérieur. Bien tenir l’objet pour éviter ce phénomène « d’aspiration », ou en prévoir un avec une base large qui le retienne à l’extérieur. Les petits plugs en métal ont parfois une base trop petite, ils peuvent aussi être perdus, surtout si on a mis beaucoup de gel.

— Mettre un préservatif aux godes, gode ceinture qu’on utilise.

    Les pratiques de strangulation, d’asphyxie

— Attention à ne pas écraser le larynx.
— Le faire très peu de temps et ne jamais laisser la personne seule
— En cas de malaise, de pâleur extrême et de possible malaise vagal, allonger la personne les jambes en l’air ou en position latérale de sécurité sinon.
— Si on utilise un film alimentaire : bien prévoir de faire un trou sur la bouche bien sûr.

En prévention :

— Demander aux soumis de tenir un objet, s’il tombe cela veut dire qu’il y a perte de connaissance.
— Demander à la personne de simuler une perte de conscience, pour vérifier si l’on peut se débrouiller avec son corps lourd et inerte.
— Ne pas hésiter à suivre des formations de secouriste, pour savoir mettre en PLS et faire un massage cardiaque si on s’attaque à ces jeux extrêmes.

    Les jeux uro

— Si on n’a pas l’intention de boire tout de suite, mettre « le champagne » au frigo, sinon les bactéries se développent très vite, car les urines ne sont pas stériles contrairement aux idées reçues (c’est juste « stérile » dans la vessie, mais plus lorsque qu’elles ont emprunté les voies urinaires basses = le trajet de sortie habituel).
— En cas de pose d’une sonde urétrale, il faut une antiseptie importante. Bien nettoyer le méat urinaire avant l’introduction de la sonde avec de la Bétadine.

    Le sang

— Éviter les « vraies » morsures jusqu’au sang : risques infectieux pour le mordu et le mordeur en fonction du contexte.
— Éviter de s’exposer au sang d’une manière générale : risques d’hépatites, de HIV…

    Le marquage au fer, ou Branding 

Pratique réservée aux spécialistes. Il faut maîtriser la température et le temps d’application, afin d’avoir l’effet escompté et éviter des blessures graves.

 

En conclusion, même si le risque zéro n’existe pas, tout est possible avec beaucoup d’attention et de communication avant ! Et que le dominant ou la dominatrice maîtrise la pratique envisagée..

Merci aux intervenants de m’avoir relue, et corrigée, avant publication !


Clarissa Rivière

Clarissa Rivière est une autrice d’érotisme publiée chez divers éditeurs dont La Musardine et L’ivre-Book principalement.


A lire aussi :

Témoignage – L’image du BDSM donnée par les livres

 

Publicités

Dangereusement Heureux – Pénétration manuelle avec protection de latex et consentement oral

EXTRAIT
Dangereusement Heureux

Auteur : Varian Krylov
Éditions : Auto-édition

Je ne lui dis pas non, même si rien que l’idée me paraissait franchement horrible. Clinique, anatomique, invasive et un peu sadique. Je ne sais pas ce que j’avais imaginé que nous pourrions faire au lit ensemble, excepté peut-être se masturber mutuellement et, éventuellement – j’avais fantasmé dessus et étais presque certain que j’aurais aimé – le baiser, mais être pénétré de cette manière ne m’avait même pas effleuré et, tout à coup, mon corps devint rigide, prêt à se défendre avant même qu’il n’ait touché un seul muscle.

Il se rallongea très lentement, mais pas complètement sur moi, juste pour murmurer à mon oreille.

— Me fais-tu confiance ?

Je croassai un faible « oui », comme si un serpent s’était enroulé autour de ma gorge et serrait ses anneaux, essayant de m’étouffer progressivement.

— Ce n’est pas une question pour ton cerveau, Aidan. C’est une question pour ton cœur. Tu y as pensé et tu as dit « oui ». Mais que ressens-tu ? Peux-tu me faire confiance ?

J’essayai d’oublier l’image d’une main gantée de latex qui sondait ma cavité anale pour revenir à nous, à cette chambre chaleureuse, à ce que j’avais ressenti lorsqu’il m’embrassait, me touchait et me regardait.

— Oui.

— Alors, je vais faire très attention à ne pas gâcher cette confiance.

— D’accord, dis-je.

Extrait soumis par : Kate Lyna.

Body fluids : homme trans vs règles

Sherlock Holmes couverture

Les règles ne sont pas un tabou

Ceci est un article de Jason Crow.

Il y a encore quelques dizaines d’années, les règles étaient un tabou.

Et encore maintenant, il est assez difficile d’en parler sans s’attirer des regards écoeurés de la part de votre interlocuteur. Bien sûr, ce n’est pas exactement un sujet qu’on a envie d’aborder entre l’entrée et le dessert, les règles ça n’a rien de glamour ni de plaisant, mais le fait est qu’il n’y a rien de plus naturel. Le corps humain fait son travail, point. Le problème, c’est que quand on est un homme transsexuel, c’est aussi un rappel à l’ordre constant. Tu es une femme !, te crie ton corps. Et l’homme trans de se dire « flûte ». Bon, dans le cas où l’homme trans en question prend de la testostérone, tout va bien, pas de problème. Normalement, les règles disparaissent toutes seules. La pilule en continu, pour ceux qui ne peuvent pas prendre de T, peut aider aussi. Mais le fait est qu’il y a des trans qui n’ont accès à rien de tout ça et qui se retrouvent complètement déprimés et à la limite du suicide quand Miss Scarlet débarque.

Difficile de s’identifier aux personnages de fiction…

Dans les livres, on parle peu de règles, de fluides corporels en général. Enfin si, on parle de semence, de sueur… Mais les règles ? Jamais. Et ça, c’est un peu dommage quand on sait que nombre de jeunes trans et gays se découvrent via les livres. Après, bien sûr, il n’est pas question d’entrer dans les détails. Les règles, ça peut être franchement crade. Mais, rien que de les mentionner, de dire « Sherlock se sentait nauséeux. Sale. Mal. Il avait l’impression que son corps le trahissait » ou quelque chose du genre (Sherlock, c’est le petit personnage sur l’illustration de cet article, un transsexuel qui ne peut pas prendre d’hormones), bah… ça renvoie au fait que oui, les règles, c’est naturel, même si c’est pénible. Dans le cas de Sherlock, il a ses règles, il met des tampons et ça lui arrive même de prendre trois douches par jour parce qu’il se sent franchement sale. Après, Sherlock n’est pas nécessairement un modèle, mais il est basé sur une expérience de vie réelle et sa réaction est celle de son auteur. Cela dit, il faut aussi bien noter que les règles, c’est quelque chose de naturel, que ça ne dure pas éternellement et qu’il faut faire avec, même si c’est dur.

Le saviez-vous ?

Disney, qui paraît pourtant un peu guindé, a, en 1946, réalisé un petit cartoon sur les règles qui expliquait non seulement très bien comment fonctionne le corps humain mais aussi comment gérer ses règles. Certes, certains sujets mériteraient une mise à jour mais ça aide à se rappeler qu’il n’y a rien d’anormal dans tout ça et qu’en fait, en parler, ne serait-ce qu’à un médecin, ça peut aider.

Comment survivre aux règles quand on est trans ?

Pour savoir comment votre personnage réagirait face à ses propres règles, ne cherchez pas à vous mettre dans sa tête. Laissez-le s’exprimer. Cela peut sembler un peu schizophrénique mais c’est nécessaire. Lisez des témoignages de trans, renseignez-vous, posez des questions. Votre personnage fera le reste et décidera lui-même de ce qu’il veut faire ou dire.

Pourquoi en parler ?

Encore une fois, nombre de jeunes s’identifient à leurs personnages préférés et apprennent à mieux vivre leur sexualité par le biais de la fiction. Avoir ses règles quand on s’identifie comme un homme, c’est très dur à vivre. Alors savoir que son héros préféré a le même problème, ça fait du bien. De plus, il est temps de casser les vieux tabous. Avoir ses règles n’est pas un crime.

Conseils aux jeunes trans :

Prenez une pilule adaptée à votre métabolisme. Parlez avec votre docteur, n’hésitez pas à poser des questions, à vous renseigner. Il n’y a aucune honte à avoir des questions. Et si vous avez peur des odeurs, des fuites, d’un ‘paquet’, mettez des tampons (en choisissant quelque chose d’adapté à votre flux menstruel). Demandez l’aide de votre maman ou de votre soeur si vous n’y arrivez pas tout seul. Encore une fois, ça n’est pas une honte. Ensuite, rappelez-vous que vos règles ne durent que quelques jours et ne sont là qu’une fois par mois. Si vous vous sentez vraiment mal au niveau moral, parlez. A un ami, sur un blog, à un parent… Parlez.

 

Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Transgender sign

Trans Men : fiction vs réalité

 

Yaoi : Briser les vieux clichés

Sex-Pistols-yaoi-13414085-500-281

Yaoi =/= Guide du sexe

Ceci est un article de Jason Crow.

Nombre de jeunes gays découvrent le sexe via les yaoi

Avant de commencer cet article, je voudrais préciser quelque chose : j’aime les yaoi. Les yaoi bien écrits, bien dessinés, m’attirent toujours autant que quand j’étais ado. Mon préféré ? Maiden Rose. Ceux que j’aime le moins ? Junjou Romantica et Sekaiichi Hatsukoi. Pourquoi ? Parce que Maiden Rose, en plus d’avoir une histoire originale, ne dépeint pas le viol comme quelque chose de romancé. Ce qui arrive à Taki est clairement montré comme quelque chose de mal et Klaus finit par comprendre – avec horreur – qu’il s’est conduit comme un porc. Les deux hommes s’aiment, oui, mais ça n’excuse pas tout. Ce n’est pas parce qu’on aime quelqu’un qu’on lui doit notre corps et notre âme. Un être humain n’est pas un objet dont on peut disposer sans se soucier des conséquences. Votre partenaire ne vous appartient pas. Seulement, dans nombre de yaoi (attention, je suis auteur de yaoi entre autres choses et je ne considère pas le yaoi comme une tare en soi, c’est juste les messages qui me hérissent un peu le poil), on retrouve quelques vieux clichés plutôt dangereux.

  1. Le viol c’est de l’amour.
  2. Le viol, c’est du BDSM.
  3. Non veut dire oui.
  4. Le sexe sans préparation aucune n’est pas dangereux.
  5. La capote ? C’est pour les idiots.

Prenons Sekaiichi Hatsukoi. Un personnage en viole un autre. Le sexe ? No condoms, no preparation. Tout ça présenté sur fond de romance et de musique douce. Je n’ai rien contre l’auteur mais c’est quelque chose qu’on retrouve dans la plupart de ses livres et ça me dérange d’autant plus que nombre d’adolescents gays découvrent le sexe via les yaoi et beaucoup de jeunes filles partent du principe qu’elles sont des alliées de la communauté LGBT parce qu’elles lisent/dessinent du yaoi. La plupart du temps pourtant, elles ont une vision absolument terrifiante des gays. J’ai déjà entendu des choses telles que ‘tu top ou tu bottom’ ou ‘un mec qui dit non pendant l’amour c’est sexy’.

Euh… Non.

Parlons d’un incident survenu il y a peu à une convention où se trouvait le cast de la série Gotham. Des fans, adeptes de fanfiction gay et de yaoi, sont allées voir Robin Lord Taylor, l’acteur gay qui joue Oswald Cobblepot et qui est connu pour être extrêmement timide et anxieux et elles lui ont demandé de signer une photo sur laquelle était marqué le mot « Nygmopowerbottom ». Pour ceux qui l’ignorent, Nygmobblepot est le nom du pairing Nygma/Cobblepot. Oswald et Edward. C’est mignon. Ce qui est moins mignon, c’est le coup du powerbottom qui fait référence à quelque chose de très sexuel.

Soyons clairs : que les gens aient des fantasmes, c’est une chose. Mais qu’ils les montrent à un acteur qu’ils savent mal à l’aise en public et qui est très pudique quant à sa vie privée avec son mari ? Nope. Ca ne se fait pas. Et elles trouvent que c’est normal parce que dans les yaoi et les fanfictions, ça marche comme ça.

Et pour revenir aux jeunes gays qui découvrent le sexe dans les yaoi…

Ok, ces filles étaient peut-être juste très mal élevées. Je suis d’accord. Mais ça reste perturbant parce qu’elles justifient leurs actions en disant que dans les livres c’est normal. Et elles ne sont pas les seules à penser ainsi : des jeunes gays découvrent le sexe dans les yaoi, je l’ai dit plus haut. Or, dans les yaoi :

  1. Pas de préparation ou peu
  2. Pas de nettoyage
  3. Pas de préservatifs

Il y a comme qui dirait un petit souci. Je l’ai déjà dit dans un précédent article, c’est un coup à se retrouver avec des choses pas très propres et du sang sur soi et quelqu’un sera blessé. Soyons clairs : un anus ne se lubrifie pas tout seul. Un anus est fragile. Une prostate est fragile. Un anus peut se déchirer. Un anus, ce n’est pas propre.

Et accessoirement, quand quelqu’un dit ‘non’ ou ‘stop’, il est temps d’arrêter. Ce n’est pas sexy. Le viol n’est pas sexy. Une tentative de viol n’est pas sexy. Si votre partenaire vous dit qu’il ne veut pas, qu’il n’aime pas ce que vous êtes en train de lui faire, arrêtez.

Silence =/= Consent 

Il arrive que la victime se freeze complètement et soit incapable de bouger, de parler, de réagir. Dans les yaoi, on retrouve parfois cette notion et le violeur s’en sert pour dire  » tu n’avais qu’à dire non ». Victim blaming, much ? Le silence n’est pas une preuve de consentement.

Erection =/= Consent

De la même façon qu’une femme peut jouir pendant un viol (ce qui rend l’expérience encore plus traumatisante), un homme peut avoir une érection et même une éjaculation pendant un viol. Une réaction physique n’est pas une preuve de consentement. La seule preuve de consentement qui ait une réelle importance, c’est celle que vous donne votre partenaire, un ‘oui’ franc et net, un ‘je suis d’accord avec ce que nous allons faire’.

Petit conseil

Il n’y a aucune honte à demander à votre partenaire s’il souhaite faire l’amour ou s’il veut seulement se limiter à quelques caresses, peut être une petite fellation. Et il n’y a aucun mal à être prudent. Demandez à votre partenaire comment il se sent pendant l’acte. Communiquez. Je sais, je sais, dans les yaoi, il est rare que le ‘dominant’ (les rôles peuvent s’inverser de temps en temps, un actif peut faire le passif et vice-versa) se montre aussi prudent. Mais vous n’êtes pas un personnage de manga. Alors prudence. Et par pitié, ne croyez pas qu’un anus s’élargit au fur et à mesure des rapports. Votre anus retrouvera toujours son étroitesse originale au bout du compte. C’est une barrière de muscles très fragile. Alors dooooucement cow-boy. On n’est pas au rodéo.

Oh et en ce qui concerne le lubrifiant ? La salive n’est PAS un lubrifiant. Voilà. Rien ne vaut le bon vieux lubrifiant classique, même si c’est cher. Quand j’étais jeune, j’ai tenté l’huile d’olive. Oui ? Bah ça fait mal et c’est très con. Et pitié, pitié, si vous n’êtes pas sûr que votre partenaire soit clean, utilisez un préservatif. Quant au nettoyage, ça ne prend pas longtemps et ça rend tout beaucoup plus agréable.

En conclusion

Un yaoi n’est pas un guide du sexe. Un yaoi est une oeuvre de fiction et comme toute oeuvre de fiction, un yaoi peut être franchement peu réaliste. Est-ce qu’un yaoi est une mauvaise chose ? Non. Loin de là. Mais un yaoi n’est pas la vraie vie.

Renseignez-vous. Posez des questions. Soyez prudents.

Et… Enjoy !


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Un exemple de Dark romance réussi : In These Words

 

Age of consent =/= consent

eaf184e81e2e1e80b54489033deb9b9b

Ou l’importance de définir la limite entre fiction et réel

Ceci est un article de Jason Crow.

En France, l’âge de consentement légal pour un mineur est de 15 ans. Au Japon, 13 ans. En Amérique, entre 16 et 18 selon les États. L’âge de consentement légal pour un mineur varie selon les pays et les mœurs et on ressent, dans certaines culture, une certaine pudibonderie à l’idée même qu’un ado de quinze ans puisse avoir des hormones. En Amérique par exemple, on est choqué par les âges de consentement français et japonais. Et les YAOI où figurent de jeunes ados font scandale dans le monde entier. Prenons Boku no Pico par exemple. Oui, je l’ai regardé, par curiosité et j’en suis ressorti un peu… marqué, dirons-nous, peut-être parce qu’un gamin de dix-quatorze ans n’a rien, mais alors rien à faire avec un adulte d’une vingtaine d’années dans une position sexuelle et qu’il est clairement suggéré que Pico ne sait pas ce qu’il fait dès le début de l’anime. Il le sait après bien sûr, il devient même un peu dévergondé, mais au début, non. Et c’est ça mon problème majeur avec certains manga et YAOI : qu’un ado soit en âge de faire l’amour, c’est une chose. Bon, dans le cas de Pico, on dirait qu’il a dix ans. Mais on va dire qu’il en a quatorze.

Bref. Prenons un manga shota classique. Généralement, un jeune – très jeune – ado rencontre un adulte. Ils font l’amour, l’ado ne comprend pas ce qu’il se passe mais il aime ça alors il en redemande. Tout comme le vieux cliché du « le viol c’est de l’amour », cette représentation quelque peu perverse des enfants a tendance à me hérisser le poil. Encore une fois, qu’un ado soit en âge de faire l’amour c’est une chose mais ça ne veut pas dire qu’il en a nécessairement envie ou qu’il sait comment ça fonctionne et surtout, il n’est pas sensé le découvrir entre les bras d’un adulte qui lui, sait clairement ce qu’il fait et que si ils se font attraper, il finira en prison.

Bon, après, il y a des ados qui ont réellement des relations avec des adultes me direz-vous. Mais c’est là que la limite du bon sens intervient : normalement, l’adulte doit dire « NON ».

Or, dans les manga type shotacon (je crois que c’est le bon terme ?), l’adulte provoque, l’adulte est content et le gamin… Le gamin finit par se dire que tout est normal.

Aujourd’hui, une personne m’a dit qu’il avait été abusé sexuellement par un pédophile qui adorait ce genre de manga et qui lui disait sans arrêt que tout était normal. Bah oui ! C’est comme ça dans les livres.

Personnellement, ça m’arrive d’écrire des romans montrant deux ados ensemble ou un ado de seize ou dix-sept ans avec un adulte. Mais JAMAIS dans une position sexuelle. Et surtout, surtout, il y a la notion de consentement. Prenons le cas de Levi par exemple. Levi a été violé par un homme qui lui a fait croire que ce qu’il lui faisait était du BDSM et que c’était normal, que c’était de l’amour. Venu faire les prélèvements pour un kit de viol, Haise (vingt ans), s’occupe du garçon de seize ans. Plus tard, en parlant avec lui, il s’attache à lui et finit par en tomber amoureux. Mais Levi aussi est amoureux. Et il est clair qu’ils ne coucheront pas ensemble avant que Levi soit majeur, tout simplement parce que, même s’il a la majorité sexuelle, Levi n’est pas prêt mentalement pour une relation sexuelle. Il est dans une relation amoureuse polygame avec Haise et son compagnon, Robin (trente et un ans), parce qu’il a envie d’être avec eux, mais il ne couche pas avec eux. Il pourrait. L’âge de consentement en France le permet. Mais il n’est pas prêt.

Je ne dis pas que tous nos personnages adolescents doivent rester vierges jusqu’au mariage. Je ne dis pas non plus qu’ils doivent sauter sur tout ce qui bouge. Je dis que si vous les mettez dans une position sexuelle avec quelqu’un, il faut préserver les ados du monde réel et faire en sorte qu’ils comprennent que ce qu’il y a dans les livres n’est pas parole d’Evangile.  Par exemple, Boku no Pico est l’archétype de la source matérielle vers laquelle les pédophiles se dirigent quand ils veulent convaincre un jeune de coucher avec eux.

Il n’y a rien de mal à imaginer deux personnages consentants en train de se faire plaisir. Loin de là. Mais gardons bien en mémoire ceci : l’âge de consentement n’équivaut pas à une preuve de consentement.

Je sais que vous le savez. Si vous lisez cet article, c’est que vous vous renseignez sur le safe sex. Et vous êtes peut-être parent.

Bon courage, soldat.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Transgender sign

Trans Men : fiction vs réalité

 

Trans Men : fiction vs réalité

Transgender sign

Safe sex pour tout le monde !

Ceci est un article de Jason Crow.

Je l’ai déjà dit dans un précédent article, je suis un auteur gay, en couple avec deux hommes. L’un d’eux est cis (s’identifie à son genre de naissance) et bisexuel et l’autre est trans et gay. Et c’est de celui là dont je vais parler aujourd’hui et, de manière plus générale, du sexe avec un homme transsexuel. Fiction vs réalité. Alors bien sûr, je ne suis pas là pour vous apprendre à écrire. Je suis auteur, pas professeur de littérature et je n’aurai jamais la prétention de dire à quiconque comment il/elle doit écrire son livre. Mais le fait est que dans le monde merveilleux de la fiction, on a un peu trop tendance à s’imaginer que tout est rose ou complètement hardcore, dépendant de nos propres fantasmes et, qu’au lieu de se renseigner auprès des personnes concernées, on a tous une fâcheuse tendance à écrire de grosses bêtises. Attention ! Cela ne fait pas de vous un homophobe, un transphobe ou je ne sais quoi. En fait, je pense que la plupart des gens qui écrivent de la littérature gay se considèrent comme des alliés de la communauté LGBTQ et ça, c’est très bien.

LGBTQ_Rt_Col

Cela dit, en ce qui concerne le sexe, il faut savoir qu’un trans n’aura pas de rapports sexuels de la même façon qu’un homme cis. Pourquoi ? Eh bien, pour parler crument, pour une question d’outillage d’abord. Un homme trans :

  1. Ne prend pas nécessairement de testostérone et ne souhaite pas forcément se faire opérer.
  2. Peut subir deux sortes d’opérations différentes: une qui retire les tissus entourant le clitoris et permet ainsi de le faire paraître plus gros et une qui crée un ‘faux pénis’ autour du clitoris à l’aide d’une greffe de tissus prélevés sur une autre partie du corps.

De plus, il faut savoir que tous les hommes transsexuels n’ont pas nécessairement un pénis de plusieurs centimètres de long. Il y en a qui ont un néo pénis, c’est à dire un macro clitoris. Tous les hommes transsexuels ne se font pas opérer au niveau de la poitrine, certains choisissent de s’occuper de leurs seins mais pas du bas, etc… Bref, un homme trans n’en est pas un autre. Et contrairement à ce que l’on peut croire, tous les hommes trans ne sont pas malheureux dans leur corps féminin. Ils ne sont pas à l’aise, certes, mais malheureux ? Les cas de dysphoria pure et dure ne sont pas si fréquents que ça. Et à dire vrai, je ne le souhaite à personne. Avoir envie de s’arracher la peau, de sortir de son corps, ça n’est plaisant pour personne.

Edward, mon petit ami, est transsexuel et souhaite se faire opérer au niveau des seins et prendre de la testostérone. D’autres iront jusqu’à se faire opérer pour avoir un pénis. D’autres encore ne se feront jamais opérer et pour finir, certains n’auront même jamais l’occasion de faire leur coming out.

Mais quid du sexe ? Ah, le sexe. Vaste question que le sexe. On se demande toujours si l’herbe est plus verte dans le pré du voisin, n’est-ce pas ? Et c’est normal d’être curieux. C’est normal de vouloir plus de diversité dans nos livres, nos séries ? Hell, j’aimerais bien voir un Batman transsexuel moi ! Mais un Batman transsexuel… réaliste.

Un de mes personnages, Robyn, que j’ai créé pour Edward et qui apparaît dans O Death, aime le sexe anal. Il ne supporte pas qu’on touche à son vagin, qui lui rappelle trop qu’il n’est pas un homme biologiquement parlant. Un autre de mes personnages, Sherlock, est asexuel. Son petit ami, Algernon, est très porté sur la chose mais Sherlock a horreur de ça. Pareil pour Jonathan Miloslaw, qui lui aussi est transsexuel mais n’aime pas le sexe pour des raisons personnelles.

babies!4

Et comment ça marche, me demandez-vous ?

Comme je l’ai dit plus haut, certains aiment le sexe anal. Mais bon, sans prostate, difficile de réellement prendre son pied comme ça pour certains hommes trans, n’est-ce pas ?

Alors que faire ? Eh bien… Il existe un petit bouton merveilleux appelé ‘Clitoris’. Oui, devenu plus gros, il est plus sensible. Mais il réagit toujours aussi bien aux caresses affectueuses d’un partenaire aimant. Et puis, il y a plein de façons de faire plaisir à quelqu’un sans forcément pénétrer la personne. Et encore une fois, être trans et gay ne veut pas dire qu’on aime le sexe. Certains détestent ça, d’autres adorent… You do you !

Cela dit, si vous choisissez la route du sexe anal pour vos personnages ou en réalité, soyez prudents : oui ça fait mal et mal fait, ça peut être très crade. Pourquoi ? Parce qu’un anus n’est pas un vagin et ne se ‘nettoie’ pas tout seul. Alors. Hygiène. Prudence. Safe sex pour tout le monde.

Le sexe, c’est un jeu.

Et comme dans tous les jeux, il faut parfois savoir jouer gentiment.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Why Safe Sex

 

Why Safe Sex

Il y a des gens qui te lisent et qui t’admirent et qui pensent que ce que tu écris est la Bible de la Sodomie

Ceci est un article de Jason Crow, traduit par Lullaby Grenadine.

L’original a été reblogué ici (le tumblr original ayant été désactivé) et en voici la traduction :

 

Je suis auteur de romans et nouvelles érotiques. J’écris sur le sexe gay, même si je suis personnellement asexuel. Étant gay et non-binaire, amoureux de deux garçons, je pense qu’il est important pour moi, en tant qu’auteur, de donner dans mes livres une représentation réaliste de ce que peut être le sexe gay. Donc : le lubrifiant, la préparation, le nettoyage, les préservatifs. J’ai choisi d’écrire du safe sex, même si ça peut parfois être brutal, parce que tu peux jouer durement tout en respectant le corps de ton partenaire. Mais j’ai remarqué une chose, c’est que beaucoup de femmes écrivant de la fiction érotique gay préfèrent imaginer des choses crades et violentes, limite dangereuses. Et ouais, tu fais ce que tu veux. Si ça te fait triper hein ? Mais le souci, c’est que si tu comptes publier ton truc et que tu ne connais rien au sexe gay, il y a quand même beaucoup de chance que tu écrives des choses nocives pour les autres. Pourquoi ?

La plupart des adolescents et des jeunes adultes découvrent le sexe par le porno/l’érotique/le YAOI… Et imagine. Deux ados gays décident de s’amuser. Ils n’ont jamais couché avant et ils veulent la jouer kinky, parce que les médias qu’ils ingèrent et digèrent disent que c’est ça qui est bon. Ils la jouent durement. Pas de lubrifiant. Pas de préparation. Pas de capotes. Des langues dans le cul sans s’être lavés. Du sexe brut.

Quelqu’un finira blessé ou malade, parce qu’il y aura du sang et de la merde partout.

C’est carrément pas safe et ça ne sera pas du tout agréable.

Encore une fois, tu fais ce que tu veux. Je ne suis pas le meilleur auteur du monde. Mes livres se vendent bien, mais je ne suis pas prof d’éducation sexuelle. Pas du tout. Mais regardons la vérité en face : si tu n’as jamais pratiqué le sexe gay ou simplement la sodomie, tu ne sais pas de quoi tu parles et tu devrais probablement faire des recherches avant de propager des informations dangereuses.

Pourquoi est-ce que je parle de ça ? Parce qu’une gentille dame a demandé à des auteurs d’érotique pourquoi est-ce qu’ils étaient aussi coincés et refusaient de faire sexuellement interagir leurs personnages de façon plus dangereuse. Puis elle a dit que son autrice favorite était « une jeune femme qui écrivait uniquement sur des choses sales et brutales ». Ses mots, pas les miens.

Je suis d’accord, le sexe n’est pas fait de roses et de licornes. Ça peut être stupide, ça peut être dur. Ça peut être violent, carrément naze ou plein d’étincelles. C’est bizarre à expliquer et je suppose qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de faire les choses.

Mais franchement.

Souviens-toi. Il y a des gens qui te lisent et qui t’admirent et qui pensent que ce que tu écris est la Bible de la Sodomie.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


A lire aussi :

Les rapports sexuels protégés dans la romance érotique