Dangereusement Heureux – Accident de préservatif

EXTRAIT
Dangereusement Heureux

Auteur : Varian Krylov
Éditions :
Auto-édition

Avant même qu’il n’ait fini de parler, Dario me percuta durement et rapidement quatre ou cinq fois et se raidit, frissonnant, gémissant et finit par s’affaler sur moi. Peu à peu ses gémissements se calmèrent, son corps se détendit et je sentis sa main contre mes cuisses et mon cul alors qu’il retenait la base du préservatif avant de se retirer.

— Putain… Merde ! dit-il à nouveau.

Au début, je pensais que c’était à cause des répliques ou de la pression finale quand le sphincter appuie sur la queue lorsque l’on se retire et que le gland est si sensible, mais quand je vis le visage de Xavier, je sus que quelque chose n’allait pas. Peut-être que je saignais. Les mains de Xavier glissèrent de mes cheveux et Dario me releva, si bien que j’étais assis sur mes talons. Lorsqu’il rencontra mes yeux, il avait un étrange regard timide 

qui ne lui convenait pas du tout.

— Le préservatif s’est déchiré.

Je ne dis rien. Pas parce que j’étais en colère ou terrassé. Mais parce que je ne savais pas quoi dire.

— Je suis désolé, dit-il, cherchant une réaction sur mon visage. Je sais que c’est important et je veux que tu saches que je me fais tester tous les quatre mois. Je ne rate jamais un rendez-vous. Je suis sain. Et depuis le dernier, tu es le seul avec qui j’ai couché… en dehors de Vera.

— C’est bon, dis-je. Je vais bien.

— Demain, nous pourrons prendre rendez-vous. Pour nous deux. Juste pour que nous soyons tranquilles et que tu n’aies pas de soucis.

— Très bien.

Extrait soumis par : Kate Lyna.

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Témoignage – Écrire la prise de risque sexuel (dans l’érotique)

Par : Valéry K. Baran

Paradoxalement (ou pas), c’est au moment où j’ai ouvert We Need More Safe Sex que j’ai commencé à vouloir écrire des personnages qui « font des conneries » en matière de risque sexuel.

C’est venu comme ça : j’écrivais ce qui allait prendre le titre de Pour te faire craquer et j’avais imaginé une scène de sexe se passant dans les pots de peinture : quelque chose de très brusque et graphique, avec des couleurs sur les corps et du désir qui ne souffrait pas de délai. Et puis est venu le moment où je me suis rendue compte que, dans ce cas de figure, je ne pouvais pas faire se protéger les personnages. Ils auraient bien invoqué Capt’ain capote qui tombe du ciel si on avait été dans du surnaturel (j’en avais d’ailleurs fait un statut sur facebook), mais on n’était pas dans du surnaturel, pas plus donc qu’ils pouvaient avoir des rapports sexuels à risque sans que ça leur traverse seulement l’esprit puisque j’écris des histoires réalistes et refuse de tordre la réalité selon ce qui m’arrange ou non.
Donc… pas de Capt’ain capote à la rescousse, pas de personnages qui peuvent se déplacer jusqu’à la pièce voisine pour chercher de quoi se protéger, un rapport non attendu donc pas de préservatif dans la poche du jean, et une pièce vide uniquement dédiée à des travaux (donc ne pouvant pas recéler une capote dans un tiroir). Espace de solutions possibles : zéro.
Du coup, eh bien j’ai décidé que mes personnages feraient sans. J’ai toujours choisi d’offrir à mes lectrices et lecteurs une approche réaliste des rapports sexuels, je vais au bout de cette démarche. En outre, j’ai trouvé finalement l’idée super intéressante !!! Je n’avais jamais encore écrit de telle scène, où les personnages ont envie mais ne peuvent pas aller au bout de ce qu’ils voudraient, j’avais donc la frustration à exploiter, la limite entre ce que dicte la raison et ce que dicte le corps, la difficulté à prendre une décision, l’envie de céder, de faire comme si le risque n’existait pas, la raison qui revient par dessus et qui fait se dire « mais non »… Et j’ai a-do-ré écrire ça ! Ça donne une scène super hot, originale… Je me suis éclatée avec.

Et (re-du coup), la fois suivante où je me suis retrouvée devant une scène de sexe à écrire, soit pour l’épisode 4 de L’initiation de Claire, j’ai eu envie d’aller au-delà, sur ce sujet : d’écrire des personnages qui font vraiment une connerie. Ça m’a posé un petit cas de conscience parce que je n’ai pas eu envie de rendre la prise de risque excitante, et que j’aime écrire des scènes excitantes, donc je me suis débrouillée pour modérer cette prise de risque et faire prendre une place importante au raisonnement à un moment donné dedans (euh… bon, lisez, vous comprendrez mieux !), mais j’ai surtout beaucoup aimé écrire cette prise de risque.
Je ne sais pas si je l’ai déjà dit mais je déteste les personnages parfaits, j’abhorre les personnages parfaits : ils m’ennuient, je ne les vois pas « humains », j’ai l’impression qu’ils sont faits de carton-pâte… J’aime les personnages qui font des conneries : des choix parfois bons, d’autres mauvais, des erreurs et qui reviennent sur leurs erreurs, des erreurs parce qu’ils ne savent pas, des erreurs tout en le sachant mais en étant incapable, sur le moment, de faire autrement… C’est ce type de personnages : cette humanité-là, que j’aime écrire, et c’était donc logique que j’arrive un jour à dépasser mes réserves « morales » à ce sujet pour écrire des personnages qui, oui, faisaient aussi (ou s’apprêtaient aussi à faire) ce contre lequel je suis active en matière de prévention.


Et puis je voulais aussi aborder le sujet du test viral et de l’arrêt de l’usage du préservatif, pour ces personnages, et je ne savais pas trop comment l’introduire, ni quand les faire prendre la décision d’en parler, et ce choix m’a finalement permis de le faire d’une manière ultra-naturelle. C’est parfaitement « juste » dans la relation alors des personnages, ça a du sens : que à ce moment-là et de cette manière-là, ils frôlent ainsi ce risque, et ça m’a permis d’arriver exactement où je le voulais.
Bref, je suis on ne peut plus ravie de ce choix. Il est particulier (je ne crois pas l’avoir déjà vu dans un autre bouquin, même si je ne doute pas qu’il y en ait), mais il est juste, il est impeccable pour l’histoire que je voulais écrire et il offre en plus un abord que j’aime particulièrement : celui d’un réalisme original et… oui, je suis contente d’avoir dépassé mes réserves pour traiter ainsi cette scène.

A l’arrivée, je n’ai pas changé de ligne sur ma manière d’écrire des scènes sexuelles. Écrire de l’érotisme prenant en compte la réalité des risques sexuels, c’est aussi écrire des personnages qui peuvent faire des conneries, et ça n’a fait que confirmer mon opinion quant au fait que nier cette réalité n’a vraiment aucun intérêt : c’est se priver de possibilités de développement de la relation entre les personnages, d’approfondissement de leur psychologie, et de sorties des schémas trop communs qu’il serait vraiment, vraiment, dommage de laisser de côté.


  Valéry K. Baran

Valéry K. Baran est une autrice d’érotique et  de romance publiée essentiellement aux éditions Harlequin mais aussi chez divers autres éditeurs.


A lire aussi :

Témoignage – La loi du silence

Extrait : Sex and the TV – L’accident de capote abordé sous l’angle de l’humour

EXTRAIT
Sex and the TV

Auteur : Octavie Delvaux.
Éditions : La Musardine.

— Et toi, Morgane, tu t’es arrêtée là avec ton gamin ?
— En fait non, mais j’aurais dû. Il devait vraiment tenir à m’avoir sur son tableau de chasse, car il a fait genre « je ne relève pas la vanne », il a mis un préso et il a commencé à jouer la pile alcaline sur moi. Vraiment un truc hallucinant, on aurait dit un film de cul en avance rapide. Même les bonobos ne baisent pas comme ça ! A un moment, j’ai vraiment espéré qu’il faisait surveiller son cœur tellement j’ai eu peur qu’il me claque entre les doigts… Vous imaginez un peu les gros titres : « Une prof nymphomane tue un élève par épuisement sexuel. Il l’avait menacée de répéter à la direction qu’elle l’avait saquée lors des partiels. »
Et c’était bien ?
Non, à chier, aucune sensualité. Le seul truc qu’il a gagné à s’agiter comme Pokemon qui aurait pris de l’ecsta, c’est que le préso a craqué. Et là, vous savez ce qu’il a osé me dire ? Je vous le donne en mille ! « C’est surement à cause de tes poils, ils piquent et ça endommage le latex. » J’ai répondu cash : « Mais bien sûr, chéri, non seulement je les fais pousser à l’engrais de Monsanto, mais je les enduis tous les jours d’acide chlorhydrique, c’est plus sympa, niveau sensation… » Non, mais vous vous rendez-compte de la mauvaise foi du mec ?
— Je me rends surtout compte que vous êtes bons pour aller faire un test HIV. Il a beau être jeune, tu ne sais pas où il a traîné.
— Oui, mais il faut attendre six semaines, ça me laisse tout le temps de psychoter.

 

Extrait : By the way – Test viral

EXTRAIT
By the way

Auteur : Cyprien Sade.
Éditions : Textes gais.

Julien se dégagea alors de son étreinte et lui tendit l’enveloppe. Il avait oublié le frisson que procurait ce genre de test. Il en avait fait en tout et pour tout trois dans sa vie. Le premier à 16 ans, par principe, le second après sa dernière aventure et le troisième était entre les mains de son amant. Bizarrement, même s’il savait avoir toujours été plutôt safe, il ne manquait pas d’arrêter de respirer à chaque fois qu’il contrôlait les résultats. Heureusement, toujours négatifs.
— Je t’avais dit que j’essaierais de faire vite.
Jonathan tardait à lire, on aurait dit que sa main tremblait.
— Jo ?
— Excuse-moi, j’ai un peu l’impression que je vais faire un pas dans le vide. C’est la première fois…
Comme Julien ne semblait pas comprendre, Nath leva les yeux au ciel.
— Vraiment faire confiance à quelqu’un comme ça… quand je l’aurai lu et qu’on fera l’amour, sans protection, ce sera ma première fois.
Le rose aux joues l’embellissait fabuleusement. Ju se souvenait de sa propre première fois sans cette étrange barrière dont on croit parfois, bien à tort, qu’elle protège aussi des sentiments. C’était avec Alexandra, évidemment, et c’était aussi la première fois qu’ils le faisaient sans aucun contraceptif. Il avait été tellement mort de peur qu’il avait à peine réussi à jouir. Il avait eu un peu l’impression que l’intégralité du poids de son avenir s’était abattue sur ses épaules au moment exact de la pénétration.
Était-ce quelque chose qui ressemblait à cela qui empêchait son petit-ami de regarder les résultats qu’il tenait en main ?
Julien l’embrassa.
— Je sais que ce ne sont que des mots Nath, mais s’ils peuvent t’aider un peu : Je suis quelqu’un de fidèle. S’il faut un jour que tu risques ta santé, ce ne sera pas avec moi. Jonathan lui rendit son baiser, profondément. Ses lèvres étaient brûlantes et tremblaient à son contact.
— Pourquoi est-ce que toi tu ne te poses pas ces questions ?
— Parce que je me les suis déjà posées.
— Et tu me fais confiance ? À moi ? Alors que je n’ai que 19 ans, que tu sais que j’ai eu plus d’aventures que toi, que je sors pas mal…
Julien soupira. Oui, peut-être était-ce bien inexplicable.
— Si ça avait quoi que ce soit à voir avec tout ce que tu viens d’énumérer, crois-tu vraiment que je serais là ?
Le jeune homme avait l’air paniqué, presque au bord des larmes, que lui prenait-il tout à coup ?
— Jo… c’est en moi ou en toi que tu ne crois pas ?
Un haussement d’épaules impuissant lui répondit.
— Ou est passé le petit téméraire qui m’a allumé sans vergogne avec son propre test la semaine dernière ?
Il embrassa à nouveau son amant et garda sa tête entre ses mains.