Age of consent =/= consent

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Ou l’importance de définir la limite entre fiction et réel

Ceci est un article de Jason Crow.

En France, l’âge de consentement légal pour un mineur est de 15 ans. Au Japon, 13 ans. En Amérique, entre 16 et 18 selon les États. L’âge de consentement légal pour un mineur varie selon les pays et les mœurs et on ressent, dans certaines culture, une certaine pudibonderie à l’idée même qu’un ado de quinze ans puisse avoir des hormones. En Amérique par exemple, on est choqué par les âges de consentement français et japonais. Et les YAOI où figurent de jeunes ados font scandale dans le monde entier. Prenons Boku no Pico par exemple. Oui, je l’ai regardé, par curiosité et j’en suis ressorti un peu… marqué, dirons-nous, peut-être parce qu’un gamin de dix-quatorze ans n’a rien, mais alors rien à faire avec un adulte d’une vingtaine d’années dans une position sexuelle et qu’il est clairement suggéré que Pico ne sait pas ce qu’il fait dès le début de l’anime. Il le sait après bien sûr, il devient même un peu dévergondé, mais au début, non. Et c’est ça mon problème majeur avec certains manga et YAOI : qu’un ado soit en âge de faire l’amour, c’est une chose. Bon, dans le cas de Pico, on dirait qu’il a dix ans. Mais on va dire qu’il en a quatorze.

Bref. Prenons un manga shota classique. Généralement, un jeune – très jeune – ado rencontre un adulte. Ils font l’amour, l’ado ne comprend pas ce qu’il se passe mais il aime ça alors il en redemande. Tout comme le vieux cliché du « le viol c’est de l’amour », cette représentation quelque peu perverse des enfants a tendance à me hérisser le poil. Encore une fois, qu’un ado soit en âge de faire l’amour c’est une chose mais ça ne veut pas dire qu’il en a nécessairement envie ou qu’il sait comment ça fonctionne et surtout, il n’est pas sensé le découvrir entre les bras d’un adulte qui lui, sait clairement ce qu’il fait et que si ils se font attraper, il finira en prison.

Bon, après, il y a des ados qui ont réellement des relations avec des adultes me direz-vous. Mais c’est là que la limite du bon sens intervient : normalement, l’adulte doit dire « NON ».

Or, dans les manga type shotacon (je crois que c’est le bon terme ?), l’adulte provoque, l’adulte est content et le gamin… Le gamin finit par se dire que tout est normal.

Aujourd’hui, une personne m’a dit qu’il avait été abusé sexuellement par un pédophile qui adorait ce genre de manga et qui lui disait sans arrêt que tout était normal. Bah oui ! C’est comme ça dans les livres.

Personnellement, ça m’arrive d’écrire des romans montrant deux ados ensemble ou un ado de seize ou dix-sept ans avec un adulte. Mais JAMAIS dans une position sexuelle. Et surtout, surtout, il y a la notion de consentement. Prenons le cas de Levi par exemple. Levi a été violé par un homme qui lui a fait croire que ce qu’il lui faisait était du BDSM et que c’était normal, que c’était de l’amour. Venu faire les prélèvements pour un kit de viol, Haise (vingt ans), s’occupe du garçon de seize ans. Plus tard, en parlant avec lui, il s’attache à lui et finit par en tomber amoureux. Mais Levi aussi est amoureux. Et il est clair qu’ils ne coucheront pas ensemble avant que Levi soit majeur, tout simplement parce que, même s’il a la majorité sexuelle, Levi n’est pas prêt mentalement pour une relation sexuelle. Il est dans une relation amoureuse polygame avec Haise et son compagnon, Robin (trente et un ans), parce qu’il a envie d’être avec eux, mais il ne couche pas avec eux. Il pourrait. L’âge de consentement en France le permet. Mais il n’est pas prêt.

Je ne dis pas que tous nos personnages adolescents doivent rester vierges jusqu’au mariage. Je ne dis pas non plus qu’ils doivent sauter sur tout ce qui bouge. Je dis que si vous les mettez dans une position sexuelle avec quelqu’un, il faut préserver les ados du monde réel et faire en sorte qu’ils comprennent que ce qu’il y a dans les livres n’est pas parole d’Evangile.  Par exemple, Boku no Pico est l’archétype de la source matérielle vers laquelle les pédophiles se dirigent quand ils veulent convaincre un jeune de coucher avec eux.

Il n’y a rien de mal à imaginer deux personnages consentants en train de se faire plaisir. Loin de là. Mais gardons bien en mémoire ceci : l’âge de consentement n’équivaut pas à une preuve de consentement.

Je sais que vous le savez. Si vous lisez cet article, c’est que vous vous renseignez sur le safe sex. Et vous êtes peut-être parent.

Bon courage, soldat.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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Ceci est un article de Jason Crow.

Je l’ai déjà dit dans un précédent article, je suis un auteur gay, en couple avec deux hommes. L’un d’eux est cis (s’identifie à son genre de naissance) et bisexuel et l’autre est trans et gay. Et c’est de celui là dont je vais parler aujourd’hui et, de manière plus générale, du sexe avec un homme transsexuel. Fiction vs réalité. Alors bien sûr, je ne suis pas là pour vous apprendre à écrire. Je suis auteur, pas professeur de littérature et je n’aurai jamais la prétention de dire à quiconque comment il/elle doit écrire son livre. Mais le fait est que dans le monde merveilleux de la fiction, on a un peu trop tendance à s’imaginer que tout est rose ou complètement hardcore, dépendant de nos propres fantasmes et, qu’au lieu de se renseigner auprès des personnes concernées, on a tous une fâcheuse tendance à écrire de grosses bêtises. Attention ! Cela ne fait pas de vous un homophobe, un transphobe ou je ne sais quoi. En fait, je pense que la plupart des gens qui écrivent de la littérature gay se considèrent comme des alliés de la communauté LGBTQ et ça, c’est très bien.

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Cela dit, en ce qui concerne le sexe, il faut savoir qu’un trans n’aura pas de rapports sexuels de la même façon qu’un homme cis. Pourquoi ? Eh bien, pour parler crument, pour une question d’outillage d’abord. Un homme trans :

  1. Ne prend pas nécessairement de testostérone et ne souhaite pas forcément se faire opérer.
  2. Peut subir deux sortes d’opérations différentes: une qui retire les tissus entourant le clitoris et permet ainsi de le faire paraître plus gros et une qui crée un ‘faux pénis’ autour du clitoris à l’aide d’une greffe de tissus prélevés sur une autre partie du corps.

De plus, il faut savoir que tous les hommes transsexuels n’ont pas nécessairement un pénis de plusieurs centimètres de long. Il y en a qui ont un néo pénis, c’est à dire un macro clitoris. Tous les hommes transsexuels ne se font pas opérer au niveau de la poitrine, certains choisissent de s’occuper de leurs seins mais pas du bas, etc… Bref, un homme trans n’en est pas un autre. Et contrairement à ce que l’on peut croire, tous les hommes trans ne sont pas malheureux dans leur corps féminin. Ils ne sont pas à l’aise, certes, mais malheureux ? Les cas de dysphoria pure et dure ne sont pas si fréquents que ça. Et à dire vrai, je ne le souhaite à personne. Avoir envie de s’arracher la peau, de sortir de son corps, ça n’est plaisant pour personne.

Edward, mon petit ami, est transsexuel et souhaite se faire opérer au niveau des seins et prendre de la testostérone. D’autres iront jusqu’à se faire opérer pour avoir un pénis. D’autres encore ne se feront jamais opérer et pour finir, certains n’auront même jamais l’occasion de faire leur coming out.

Mais quid du sexe ? Ah, le sexe. Vaste question que le sexe. On se demande toujours si l’herbe est plus verte dans le pré du voisin, n’est-ce pas ? Et c’est normal d’être curieux. C’est normal de vouloir plus de diversité dans nos livres, nos séries ? Hell, j’aimerais bien voir un Batman transsexuel moi ! Mais un Batman transsexuel… réaliste.

Un de mes personnages, Robyn, que j’ai créé pour Edward et qui apparaît dans O Death, aime le sexe anal. Il ne supporte pas qu’on touche à son vagin, qui lui rappelle trop qu’il n’est pas un homme biologiquement parlant. Un autre de mes personnages, Sherlock, est asexuel. Son petit ami, Algernon, est très porté sur la chose mais Sherlock a horreur de ça. Pareil pour Jonathan Miloslaw, qui lui aussi est transsexuel mais n’aime pas le sexe pour des raisons personnelles.

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Et comment ça marche, me demandez-vous ?

Comme je l’ai dit plus haut, certains aiment le sexe anal. Mais bon, sans prostate, difficile de réellement prendre son pied comme ça pour certains hommes trans, n’est-ce pas ?

Alors que faire ? Eh bien… Il existe un petit bouton merveilleux appelé ‘Clitoris’. Oui, devenu plus gros, il est plus sensible. Mais il réagit toujours aussi bien aux caresses affectueuses d’un partenaire aimant. Et puis, il y a plein de façons de faire plaisir à quelqu’un sans forcément pénétrer la personne. Et encore une fois, être trans et gay ne veut pas dire qu’on aime le sexe. Certains détestent ça, d’autres adorent… You do you !

Cela dit, si vous choisissez la route du sexe anal pour vos personnages ou en réalité, soyez prudents : oui ça fait mal et mal fait, ça peut être très crade. Pourquoi ? Parce qu’un anus n’est pas un vagin et ne se ‘nettoie’ pas tout seul. Alors. Hygiène. Prudence. Safe sex pour tout le monde.

Le sexe, c’est un jeu.

Et comme dans tous les jeux, il faut parfois savoir jouer gentiment.


Jason Crow

Jason Crow est un auteur de romans et nouvelles érotique gay.


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